Les biocarburants n'accélèrent pas

ENVIRONNEMENT Les professionnels du secteur en ont assez d'attendre....

Gilles Wallon

— 

Une éthanolerie, en Seine-Maritime.
Une éthanolerie, en Seine-Maritime. — FEDEPHOTO/JDD/SIPA

«On n'avance plus», s'agace Nicolas Rialland, de la Confédération des producteurs de betterave (CGB).

Fin 2007, lors du Grenelle de l'environnement, le gouvernement leur avait promis d'atteindre en 2010 un taux d'utilisation de 7% de carburants renouvelables dans les transports. Bruxelles table sur 20% dans toute l'Union européenne d'ici 2020. Pour les producteurs de céréales, de betteraves, de colza ou de tournesol, à l'origine de ces carburants, les opportunités semblaient formidables.

Points de ventes et moteurs à la peine

En ce début 2012, pourtant, «on reste bloqué à 6%, grince Nicolas Rialland. Il y a eu un vrai volontarisme politique au début, mais il s'est essoufflé.»

C'est ce que pourrait constater la Cour des Comptes, qui dévoile mardi son évaluation des effets de la politique d'aide aux biocarburants. Car si la France est le leader de la production en Europe, il n'est toujours pas évident de trouver bioéthanol ou biodiesel dans les stations-service.

«Distributeurs d'essence et fabricants traînent les pieds» pour développer moteurs et points de ventes, regrette Nicolas Rialland. «On a pourtant le potentiel agricole pour que ça devienne une de nos grandes forces.»