Hôtellerie: une année plutôt bonne, mais pas autant qu'avant-crise

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Principal indicateur du secteur, le RevPAR (revenu par chambre disponible) est en hausse de 5,8% sur 2011, grâce à une augmentation de 1,3 point du taux d'occupation et de 3,6% des prix moyens, note MKG
Principal indicateur du secteur, le RevPAR (revenu par chambre disponible) est en hausse de 5,8% sur 2011, grâce à une augmentation de 1,3 point du taux d'occupation et de 3,6% des prix moyens, note MKG — Jacques Demarthon afp.com

L'activité hôtelière en France a réalisé "une année 2011 positive", en particulier en Ile-de-France et dans le haut de gamme, sans récupérer pour autant son niveau de 2007, avant la crise, selon le bilan annuel du cabinet MKG détaillé lundi.

Principal indicateur du secteur, le RevPAR (revenu par chambre disponible) est en hausse de 5,8% sur 2011, grâce à une augmentation de 1,3 point du taux d'occupation et de 3,6% des prix moyens, note MKG.

Pour 2012, le cabinet spécialisé prévoit une croissance plus modérée, avec un RevPAR en hausse de 1,5% à 3,5%, dans un marché européen où le scénario le plus optimiste serait une augmentation de 4%.

La remontée enregistrée en 2011 en France confirme la reprise amorcée en 2010, après une année noire en 2009 où le RevPAR avait fini en baisse de 8,5%.

"Elle se situe dans la moyenne européenne", a souligné Vanguelis Panayotis, directeur du développement de MKG, en présentant les résultats. Mais, a-t-il noté, "il y a eu un effet de ralentissement sur les trois derniers mois de l'année".

Le haut de gamme a confirmé son dynamisme et "tiré la croissance" globale du secteur, où les voyages d'affaires ont assuré les deux tiers de l'activité.

Dans les 4 étoiles et plus, le RevPAR a progressé de 9,1%, contre 6,3% pour les 3 étoiles, 3,3% pour les 2 étoiles et 4,4% pour les établissements de catégorie très économique.

Mais les niveaux d'occupation des hôtels français sont restés en retrait par rapport à l'avant-crise: 66,5% en 2011, contre 69,5% en 2007 et 68% en 2008, selon cette étude, qui se concentre sur les performances de l'hôtellerie de chaînes intégrées.

MKG note des disparités régionales: Paris et l'Ile-de-France sont "en pleine forme", mais la santé des hôtels en province a été nettement moins vigoureuse.

A Paris, le RevPAR est en hausse de 10,3% à 126,6 euros en moyenne. En Ile-de-France, il progresse de 4,7% à 55,7 euros. En province, la hausse est de 3,9% à 46,6 euros en moyenne.

Nice progresse deux fois plus que les autres grandes métropoles de province (RevPAR en hausse de 10,8%), grâce à une série de congrès et à la récupération d'une clientèle qui s'est détournée du Maghreb pour cause de printemps arabe.

Lyon "gagne son pari et remonte" à 5,6%, contre 5,5% pour Lille, 5,3% pour Strasbourg ou encore +1,7% à Marseille.

Le "seul point noir" est Grenoble, en baisse de 1,5% à cause du "ralentissement de l'activité de la région avec le départ de certaines entreprises", a souligné Vanguelis Panayotis.

Les hôtels de Paris restent de loin les plus occupés du pays, avec un taux de 81,8%, contre 70,6% en Ile-de-France et 62,2% en province.

Dans la capitale, le prix moyen des chambres a progressé en 2011 de 7,4% à 154,9 euros. En Ile-de-France, la hausse est de 3,2% à 78,9 euros, et en province de 1,7% à 74,9 euros.

Concernant la nouvelle classification hôtelière, qui remplacera l'actuelle à partir du 22 juillet, 2.500 hôtels ont déjà reçu leur nouveau classement et 13.000 devraient l'être d'ici au 22 juillet.

"Cette nouvelle classification est une excellente chose pour les petits hôtels, qui sont ceux qui souffrent. Le nouveau référentiel sera meilleur et rendra ces hôtels comparables au classement des autres pays européens", selon le PDG de MKG, Georges Panayotis.

Selon lui, "les deux extrêmes, le haut de gamme et l'économique, vont pousser l'activité en 2012 car ce sont deux marchés porteurs".