Zone euro: Lagarde réclame des moyens accrus, Merkel reste inflexible

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La directrice générale du FMI Christine Lagarde a estimé lundi à Berlin que les Etats de la zone euro devaient se doter d'un "pare-feu plus vaste" contre la crise, sans convaincre la chancelière allemande qui a répété son opposition à une telle mesure.
La directrice générale du FMI Christine Lagarde a estimé lundi à Berlin que les Etats de la zone euro devaient se doter d'un "pare-feu plus vaste" contre la crise, sans convaincre la chancelière allemande qui a répété son opposition à une telle mesure. — LIONEL BONAVENTURE afp.com

La directrice générale du FMI Christine Lagarde a estimé lundi à Berlin que les Etats de la zone euro devaient se doter d'un "pare-feu plus vaste" contre la crise, sans convaincre la chancelière allemande qui a répété son opposition à une telle mesure.

Mettant en garde contre une crise qui "risque d'engloutir le monde entier", Mme Lagarde a confirmé que le FMI envisageait de mobiliser "jusqu'à 500 milliards de dollars en ressources additionnelles de prêt", dans un discours prononcé devant le Conseil allemand des relations extérieures.

Pour la zone euro, "une augmentation substantielle des ressources réelles actuellement disponibles" de ses dispositifs de soutien financier, en particulier une "augmentation" de "la taille" du mécanisme permanent de secours (MES), "serait d'un grand secours", a dit Mme Lagarde.

Mais "je n'ai pas parlé de le doubler", a-t-elle précisé à propos du MES, mécanisme doté d'une capacité de prêt de 500 milliards d'euros qui doit être activé en juillet pour remplacer progressivement le Fonds provisoire actuel (FESF).

Elle s'est ainsi démarquée de la position prêtée au chef du gouvernement italien, Mario Monti qui, selon la presse, milite pour un doublement des moyens du MES.

Le FESF, qui a actuellement environ 250 milliards d'euros de fonds disponibles, et le MES doivent fonctionner en parallèle pendant un an à partir de cet été. Certains pays plaident pour que les deux enveloppes soient cumulées, alors qu'en principe elles ne devraient pas, ensemble, dépasser 500 milliards d'euros.

Le FMI peut compter sur le soutien de la Banque centrale européenne, mais aussi de la Commission, sur le renforcement des moyens du "pare-feu" financier de la zone euro.

"Il est essentiel que nous soyons en mesure de renforcer nos pare-feux financiers, y compris le MES", a ainsi déclaré lundi à Bruxelles le commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn.

"La priorité pour moi, c'est d'abord de mettre en place le MES, de boucler les négociations" à ce sujet, a rétorqué la chancelière allemande Angela Merkel, interrogée sur les propositions de Mme Lagarde lors d'une conférence de presse commune avec son homologue belge, Elio Di Rupo.

L'Allemagne est prête à abonder plus rapidement que prévu au MES, pot commun auquel chaque pays devra contribuer, a-t-elle redit. "Normalement, la phase de constitution devait durer cinq ans, nous sommes prêts à regrouper des tranches et payer plus de capital plus vite", a dit Mme Merkel, évoquant des discussions avec les autres pays européens sur ce point.

"Nous pourrons agir avec ces moyens (financiers)", a-t-elle ajouté, opposant de facto une fin de non-recevoir à une augmentation du MES.

Le Luxembourg est aussi réservé. "Sur le principe, une augmentation (du Fonds de secours de la zone euro) ne serait pas une mauvaise idée mais je suis dans le même temps conscient des difficultés qu'il y a à mobiliser cet argent (...) on ne peut pas éternellement remettre de l'argent dans ce Fonds", a dit son ministre des Finances, Luc Frieden, à Bruxelles.

Mme Lagarde redoute elle que l'Italie et l'Espagne ne soient acculées à "une crise de solvabilité" si les Etats de la zone euro ne remettent pas la main à la poche.

La directrice du Fonds monétaire international a par ailleurs jugé que la zone euro devrait se doter "d'obligations conjointes", ce qui "aiderait à convaincre les marchés de la viabilité future de l'union économique et monétaire". L'Allemagne est opposée à un tel instrument de mutualisation de la dette tant que la situation financière et économique des pays de la zone euro sera disparate.