Nouvelle année d'exception pour le Livret A, 2012 pourrait être plus délicate

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Le Livret A a réalisé en 2011 la deuxième meilleure année de son histoire, collectant 17,38 milliards d'euros supplémentaires, ce qui en fait plus que jamais le grand gagnant de la crise, même si le maintien de son taux à 2,25% début février pourrait l'handicaper
Le Livret A a réalisé en 2011 la deuxième meilleure année de son histoire, collectant 17,38 milliards d'euros supplémentaires, ce qui en fait plus que jamais le grand gagnant de la crise, même si le maintien de son taux à 2,25% début février pourrait l'handicaper — Mychele Daniau afp.com

Le Livret A a réalisé en 2011 la deuxième meilleure année de son histoire, collectant 17,38 milliards d'euros supplémentaires, ce qui en fait plus que jamais le grand gagnant de la crise, même si le maintien de son taux à 2,25% début février pourrait l'handicaper.

Du fait d'un ralentissement durant les derniers mois de l'année, la collecte est néanmoins restée à bonne distance du record absolu de 2008, avec 18,7 milliards d'euros de collecte.

En décembre, les dépôts ont augmenté de 840 millions d'euros, après avoir diminué de 40 millions en novembre.

Depuis l'éclatement de la crise financière, en 2008, le Livret A est le grand gagnant du nouveau climat de tension qui a régulièrement régné sur les marchés.

En quatre années pleines, il a augmenté ses dépôts de moitié, soit 70,6 milliards d'euros, profitant aussi à plein de l'élargissement de sa distribution à l'ensemble des banques.

Il pourrait, en ce début d'année, être handicapé par la décision du gouvernement, mi-janvier, de maintenir le taux du Livret A à 2,25%, conformément à la recommandation de la Banque de France et en dépit de l'inflation qui aurait dû conduire à son relèvement à 2,75% au 1er février.

La décision a été justifiée par les prévisions d'inflation, élément utilisé dans la formule de calcul théorique du taux.

Ces prévisions tablent sur un net ralentissement dans les mois à venir, ce qui aurait conduit, en cas de relèvement début février, à un effet de "yo-yo", selon le mot du ministre de l'Economie, François Baroin, marqué par une baisse du taux du Livret A dès début août.

Mais dimanche, M. Baroin a avoué, à mots couverts, que la décision de maintenir le taux visait également à préserver l'assurance-vie, sérieusement malmenée depuis août.

Politique de yo-yo

Passer le rendement du Livret A à 2,75%, net d'impôt, l'aurait rendu plus attractif, à taux réel, qu'un nombre non négligeable de contrats d'assurance-vie en euros (à capital garanti), les plus populaires (83% des encours fin 2010).

Or, les mois de septembre, octobre et novembre se sont traduits par des retraits supérieurs aux versements, une série jamais vue dans l'histoire de ce placement.

"Une politique de yo-yo est une politique déstabilisante pour les placements. On est en période de crise, on a plus de 1.200 à 1.300 milliards (1.371 à fin novembre) positionnés sur l'assurance-vie, il faut être très prudent", a déclaré le ministre de l'Economie lors du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI.

Plus que jamais plébiscité par les épargnants, le Livret A pourrait bénéficier d'un nouveau coup de pouce en cas de concrétisation de la promesse faite dimanche par François Hollande.

Le candidat socialiste à l'élection présidentielle veut doubler le plafond du livret bientôt bicentenaire (en 2018), actuellement fixé à 15.300 euros.

De son côté, le président de l'Union sociale de l'Habitat (USH), Thierry Repentin, a proposé jeudi un relèvement du plafond à 20.000 euros.

"Je ne comprends pas cette proposition", a commenté dimanche M. Baroin, assurant qu'"il n'y a pas de problème pour le financement du logement social à l'heure actuelle, il y a même encore des réserves".

"Le problème, c'est la libération du foncier de l'Etat ou des collectivités locales", a-t-il fait valoir.

"Chez nous, l'encours moyen est de 3.000 euros" par livret, a souligné un banquier, sous couvert d'anonymat, s'interrogeant ainsi sur la portée d'une mesure qui ne serait mise à profit que par une très faible minorité d'épargnants.