Zone euro: Lagarde réclame des moyens accrus, Merkel reste inflexible

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La directrice générale du FMI Christine Lagarde a estimé lundi à Berlin que les Etats de la zone euro devaient se doter d'un "pare-feu plus vaste" contre la crise, sans convaincre la chancelière allemande qui a répété son opposition.
La directrice générale du FMI Christine Lagarde a estimé lundi à Berlin que les Etats de la zone euro devaient se doter d'un "pare-feu plus vaste" contre la crise, sans convaincre la chancelière allemande qui a répété son opposition. — afp.com

La directrice générale du FMI Christine Lagarde a estimé lundi à Berlin que les Etats de la zone euro devaient se doter d'un "pare-feu plus vaste" contre la crise, sans convaincre la chancelière allemande qui a répété son opposition.

Mettant en garde contre une crise qui "risque d'engloutir le monde entier", Mme Lagarde a par ailleurs déclaré que le FMI envisageait de mobiliser "jusqu'à 500 milliards de dollars en ressources additionnelles de prêt", dans un discours prononcé devant le Conseil allemand des relations extérieures.

"Nous sommes en train d'étudier les options et de consulter les pays membres", a-t-elle ajouté à ce sujet.

Pour la zone euro, "une augmentation substantielle des ressources réelles actuellement disponibles, en passant du FESF au MES, en augmentant la taille de ce dernier, (...) serait d'un grand secours", a dit Mme Lagarde, qui s'est également exprimée en faveur d'euro-obligations.

"La priorité pour moi c'est d'abord de mettre en place le MES, de boucler les négociations" à ce sujet, a rétorqué la chancelière allemande Angela Merkel, interrogée sur les propositions de Mme Lagarde lors d'une conférence de presse commune avec son homologue belge Elio Di Rupo.

L'Allemagne est prête à abonder plus rapidement que prévu au MES, pot commun auquel chaque pays devra contribuer, a-t-elle redit. "Normalement la phase de constitution devait durer cinq ans, nous sommes prêts à regrouper des tranches et payer plus de capital plus vite", a dit Mme Merkel, évoquant des discussions avec les autres pays européens sur ce point.

"Nous pourrons agir avec ces moyens (financiers)", a-t-elle ajouté, opposant de facto une fin de non recevoir à une augmentation du MES. Et avant même l'entrée en vigueur du MES, "il est important de montrer que le FESF est capable d'agir", a ajouté la chancelière.

Mme Lagarde redoute toutefois que l'Italie et l'Espagne ne soient "poussées dans une crise de solvabilité" si les Etats de la zone euro ne remettent pas la main à la poche.

Le FESF, fonds de secours des Etats en difficulté de la zone euro, doit être relayé à partir de cet été par un fonds permanent, le MES, avec une capacité de prêt prévue de 500 milliards d'euros.

La directrice du Fonds monétaire international a par ailleurs jugé que la zone euro devrait se doter "d'obligations conjointes", ce qui "aiderait à convaincre les marchés de la viabilité future de l'union économique et monétaire". L'Allemagne est opposée à un tel instrument de mutualisation de la dette tant que la situation financière et économique des pays de la zone euro sera disparate.

Mme Lagarde a aussi encouragé la Banque centrale européenne (BCE) à procéder à "un assouplissement monétaire au bon moment", c'est-à-dire à baisser encore son taux directeur (1%).