Dette de la Grèce: les banques ont fait leur «offre maximale»

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En Grèce, les négociations sur la restructuration de la dette sont sur le fil du rasoir. Les créanciers privés du pays disent avoir été au bout de leurs possibilités et renvoient la responsabilité d'un éventuel défaut de paiement du pays sur le FMI et l'UE, si aucun accord n'intervenait.
En Grèce, les négociations sur la restructuration de la dette sont sur le fil du rasoir. Les créanciers privés du pays disent avoir été au bout de leurs possibilités et renvoient la responsabilité d'un éventuel défaut de paiement du pays sur le FMI et l'UE, si aucun accord n'intervenait. — LOUISA GOULIAMAKI afp.com

Les créanciers privés de la Grèce ont fait leur "offre maximale" et atteint la limite des pertes qu'ils peuvent supporter, a indiqué le négociateur Charles Dallara sur la télévision grecque.

"Notre proposition (...) est la proposition maximale qui peut se faire dans le cadre d'un plan d'échange de dette dit +volontaire+", a déclaré dimanche soir le représentant des banques et créanciers privés de la Grèce, sur la chaîne Antenna et son site internet.

"Tout repose maintenant largement dans les mains du secteur officiel (Banque centrale européenne, Union Européenne, et Fonds Monétaire International, NDLR) pour choisir la direction, soit un plan d'échange de dette volontaire, soit un défaut", a ajouté M. Dallara.

Il a semblé ainsi siffler la fin des négociations tendues qu'il mène pour restructurer la dette grecque face au gouvernement grec, sous la haute surveillance des créanciers institutionnels du pays, zone euro et FMI.

"Nous sommes à la croisée des chemins et je reste plutôt optimiste", a ajouté toutefois M. Dallara.

Il dirige l'Institut de la Finance Internationale représentant quelque 450 banques et institutions privées détentrices d'obligations souveraines grecques qui ont accepté fin décembre le principe d'effacer 50% de leur créance pour éviter un défaut de paiement brutal et désorganisé du pays.

Cet effacement de dette, qui porte sur 100 milliards d'euros, doit permettre à la Grèce de faire baisser son taux d'endettement à 120% du PIB en 2020 au lieu de 160% actuellement, selon un accord intervenu à Bruxelles fin octobre.

Il est la condition essentielle à la mise en place d'un deuxième plan d'aide de 130 milliards d'euros de prêt, par la zone euro, et le FMI.

Mais pour compenser les effets de la détérioration macro-économique, les négociateurs grecs, soutenus par le FMI et initialement l'Allemagne, ont insisté pour que les pertes volontaires des banques soient plus importantes, afin de tenir l'objectif et de rendre la dette de la Grèce soutenable.