Blackberry: Les deux fondateurs du fabricant de téléphones démissionnent

TELEPHONIE Ces départs interviennent au moment où le fabricant canadien s'interroge sur son avenir...

M.B. avec Reuters

— 

D.DOVARGNES/AP/SIPA

Nouvelle secousse pour le fabricant canadien des téléphones Blackberry. Ses deux co-PDG de Research In Motion, Mike Lazaridis et Jim Balsillie, ont quitté dimanche leurs fonctions et ont été remplacés par Thorsten Heins, un responsable présent au sein du groupe depuis quatre ans.

Barbara Stymiest, qui a dirigé par le passé la Bourse de Toronto, a été nommée présidente du conseil d'administration du groupe, un poste occupé jusqu'alors par les deux co-fondateurs.

Jim Balsillie reste membre du conseil d'administration et Mike Lazaridis, qui a annoncé son intention d'acheter 50 millions supplémentaires d'actions de l'entreprise, devient vice-président du conseil.

Série d'échecs

Ce coup de théâtre intervient après l'annonce en décembre dernier du report à la fin de l’année 2012 du lancement des BlackBerry 10 équipé du nouveau système d’exploitation de la société QNX, Or, le modèle était attendu pour ce mois de janvier … Cette nouvelle, venant s’ajouter à l’échec du PlayBook, sa tablette, en 2011, a suscité de vives inquiétudes sur l’avenir de RIM. Sans compter la panne historique d’octobre qui a fait elle aussi du mal à la marque.

RIM a vu cette année ses parts de marché reculer face à la concurrence d'Apple et de Google qui équipe de nombreux smartphones avec son système d'exploitation Android.

«Dans chaque grand groupe rencontrant le succès, il arrive un moment où les fondateurs doivent admettre qu'ils doivent passer le relais à une nouvelle direction. Jim et moi sommes allés devant le conseil et leur avons dit que l'heure était venue», a déclaré Mark Lazaridis lors d'une conférence de presse organisée à la hâte devant les locaux de RIM, à Waterloo dans la province canadienne de l'Ontario.

Valeur boursière en chute libre

La valeur boursière du groupe canadien a fondu de 77% sur les 12 derniers mois.

Les actionnaires les plus remuants réclamaient depuis plusieurs mois l'arrivée d'un nouveau dirigeant capable de revitaliser la gamme de produits de RIM et lui rendre la réputation qui fut autrefois la sienne.

«C'est le premier signe positif que nous percevons depuis plusieurs mois», a commenté Ed Snyder, analyste de Charter Equity tout en faisant montre de prudence quant au choix de Thorsten Heins, un ancien de chez Siemens, qui a longtemps été le lieutenant des deux dirigeants sortants.

>>Lire notre analyse: Est-ce la fin de RIM?