Hongrie: Les entreprises françaises touchées par le protectionnisme du gouvernement

HONGRIE Depuis un an, les entreprises françaises installées en Hongrie souffrent des nouvelles lois et taxes...

Vincent Vantighem, envoyé spécial à Budapest

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Les entreprises, ici les supermarchés Match, sont visées par une taxe sur le chiffre d'affaires.
Les entreprises, ici les supermarchés Match, sont visées par une taxe sur le chiffre d'affaires. — Vincent vantighem / 20 Minutes

De notre envoyé spécial à Budapest

A croire qu'ils se sont donné le mot pour rester bouche cousue. Groupama, EDF, Chèque Déjeuner… Les entreprises françaises installées en Hongrie refusent de s'exprimer sur la situation du pays depuis que Viktor Orban (coalition de droite) en a pris les rênes. Est-ce la peur de parler sans l'autorisation de leur hiérarchie à Paris ? «Plutôt celle de la réaction des autorités hongroises, lâche la responsable d'une de ces enseignes qui préfère, logiquement, garder l'anonymat. On se méfie. On ne sait pas de quoi ces malades sont capables.»

Taxes et nationalisations

Elle a en quand même une petite idée. Englué dans la crise, Viktor Orban privilégie le protectionnisme à outrance pour s'en sortir. Comme il ne pouvait pas taxer directement les entreprises étrangères, il s'est concentré sur les secteurs où elles sont les plus nombreuses. «Energie, grande distribution et finance, détaille un diplomate français. L'Etat a sorti une nouvelle taxe. Sur le chiffre d'affaires. Pas sur le résultat...» En conséquence, certaines entreprises étrangères ont perdu en un an « entre un tiers et deux tiers de leurs bénéfices» à cause de ça.

Orban s'est aussi lancé dans une série de nationalisations. Comme les titres déjeuners. Jusqu'ici gérées par trois entreprises françaises, elles sont devenues un monopole d'Etat en décembre. «On a simplement reçu un courrier, raconte le salarié d'une des trois boîtes. Ils veulent juste nous virer du pays…» Pour éviter ça, l'Etat français a nommé plusieurs médiateurs chargés de régler les contentieux. Directeur marketing du groupe Accor, Zoltan Kiraly craint, lui, que le mal ne soit déjà fait. «L'image du pays s'est dégradée. Ce n'est pas bon pour nos 19 hôtels…»