Une semaine après l'AAApocalypse, la France «AA+» se porte bien

ECONOMIE Il y a huit jours, la France perdait pour la première fois son triple A. Bilan de cette «semaine d'après» finalement satisfaisante...

Bertrand de Volontat

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La France a perdu son triple A vendredi 13 janvier 2012
La France a perdu son triple A vendredi 13 janvier 2012 — DURAND FLORENCE / SIPA

Le CAC 40 en hausse depuis une semaine (+3%), l’émission d’obligations françaises réussie jeudi (emprunt de 9,5 milliards d’euros) à des taux en baisse (3,12% contre 3,35% il y a quinze jours), l’euro qui se repositionne face au dollar (à 1,29 dollar jeudi en hausse de 1,5% sur une semaine). De ces points particuliers au sentiment général, la perte du triple A semble n’avoir été qu’un simple cauchemar de vendredi 13 pour la France. La situation est assez «paradoxale», juge Philippe Dessertine, directeur de l’Institut de Haute Finance, qui se satisfait de la liquidité de la dette française sur les marchés une semaine après la dégradation de la sixième puissance mondiale.

A cela il faut ajouter que les banques françaises reprennent de la liquidité auprès de la BCE ces derniers jours.

Réjouissons-nous de notre «AA+»

Carol Sirou, présidente de Standard & Poor's France le confirme, durant un débat organisé jeudi soir par les 50 ans de la Société française d’analystes financiers (SFAF): «Le risque de défaut pour la France est encore loin. La perte du triple A n’est qu’un signal.»

Un signal bien enregistré par les acteurs de la finance qui souhaitent ne pas répéter les erreurs de 2008 et surtout ne pas céder à la panique. «Le risque du manque de liquidités a été évité et les marchés n’ont pas été dans l’urgence, ils n’ont pas mis de pression poussant les politiques à prendre des décisions à la hâte», poursuit Dessertine. Il faut redonner confiance aux investisseurs, aux actionnaires et ne pas les faire fuir.

«Il arrive souvent qu’il y ait une déconnexion entre une note et le spread (le spread est l’écart entre les taux d’intérêt dont doivent s’acquitter les Etats en fonction de la taille de leur dette et de leur santé économique). Ce n’est pas une contradiction», explique Carol Sirou.

Sur la justification de la dégradation de la note de la France de «AAA» à « AA+», la présidente explique: «Il est important que nous soyons un outil au-dessus de tout soupçon».Elle conteste enfin les reproches d’oligopole faits à l’encontre des trois agences de notation.

Au sujet de l’évolution de la note de la France, quelques précisions sont apportées: «La dégradation des notes de vendredi dernier aurait été plus violente si nous ne pensions pas que la zone euro se maintiendra en 2012.»

Enfin, «il y aura encore des pays notés triple A dans le futur mais peut-être pas ceux que l’on croit. Il y a d’ailleurs davantage d’augmentations de notes que de baisses dans le monde actuellement», conclut-elle. 

Malgré ces signaux très positifs de la part des secteurs bancaire et boursier, «les déséquilibres demeurent mais la période de répit actuel doit nous permettre de réfléchir au long-terme», analyse Dessertine qui note que la période électorale participe également à cette pause. Et ne serait pas contre une élévation du niveau du débat présidentiel sur les questions financières.