Cofinoga: Le comité central d'entreprise annonce la suppression de 433 postes

CREDIT Le site de Mérignac (Gironde) est le plus touché...

M.B. avec agence

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Des employées se tiennent devant le site principal de la société Cofinoga à Mérignac le 20 janvier 2012.
Des employées se tiennent devant le site principal de la société Cofinoga à Mérignac le 20 janvier 2012. — JEAN-PIERRE MULLER / AFP

Après les 256 suppressions d'emploi prévues chez Lejaby, c'est un nouveau coup dur pour un marché du travail de plus en plus sinistré. Ce vendredi matin, le comité central d'entreprise de Cofinoga a annoncé que les postes supprimés au sein la société de crédit à la consommation s'élevaient à 433, net, a indiqué vendredi la direction dans un communiqué.

Peu auparavant, un délégué CGT du site le plus affecté, celui de Mérignac (Gironde), dans la banlieue bordelaise, avant annoncé que les suppressions s'élevaient à 438.

397 emplois visés à Mérignac

«Le Plan de Sauvegarde de l'Emploi tel qu'il est envisagé pourrait se traduire par la suppression de 462 postes (44 à Paris et 397 à Mérignac, 19 en agences sur rue et 2 à Jurançon) ramenés en pratique à 433 postes en net grâce à 29 créations de poste à Mérignac», a indiqué la direction dans son communiqué.

Le site de Jurançon, près de Pau, compte 130 salariés, le siège à Paris 300 et environ 200 autres personnes sont dans des agences disséminées sur le territoire.

«Ce projet dans sa globalité entre désormais dans une phase d'information et de consultations des instances représentatives du personnel, au terme desquelles Laser Cofinoga espère que seront trouvées les solutions les mieux adaptées pour accompagner personnellement chacun des collaborateurs concernés», a indiqué la direction.

Plus d'une centaine de salariés se sont réunis vendredi matin devant le site de Mérignac (Gironde), à l'appel de la CGT et c'est par SMS que les délégués ont été informés des chiffres annoncés lors du CCE.

Les salariés réunis ont poussé des soupirs à l'annonce des chiffres, a constaté un journaliste de l'AFP.

Une entreprise qui ne perd pas d'argent

Selon un syndicaliste, «on ne s'attendait pas à autant, dans le contexte actuel, on aurait plutôt pensé à 250 suppressions d'emplois mais pas à ce niveau-là».

«Tous les services seront impactés, le recouvrement, les administratifs, la comptabilité, le développement stratégique, le marketing, sous forme de saupoudrage mais nous ne savons pas encore de quelle manière», a déclaré à Mérignac Jean-Louis Gayon, délégué syndical CGT.

Il a indiqué que la moyenne d'âge au sein de la société était de 41 ans et que peu de salariés se trouvaient en fin de carrière. «Ils ne pourront pas jouer massivement sur un plan de départs en pré-retraite. Cette entreprise ne perd pas d'argent, elle gagne moins mais nous avons deux actionnaires, les Galeries Lafayette et la BNP, cette dernière fait 7 milliards de bénéficice, on ne peut pas lui laisser faire ça», a indiqué Jean-Louis Gayon.

Le reclassement du personnel demandé

«Nous demandons aux Galeries Lafayette et à BNP de nous aider à reclasser le personnel», a réagi un autre délégué syndical de Cofinoga qui n'a pas souhaité être nommé.

Selon les syndicats, la crise et la loi Lagarde de 2010 destinée à encadrer les crédits renouvelables dits «revolving», spécialité de Cofinoga, ont entraîné une baisse d'activité.

«La crise provoque une baisse de la demande du crédit à la consommation avec un taux d'endettement des Français au plus bas depuis 15 ans», souligne Eric Delannoy, vice-président du cabinet de conseil en stratégie Wave.

«De plus, la mise en oeuvre progressive de la réforme du taux de l'usure prévue par la loi Lagarde portant la réforme du crédit à la consommation a des conséquences financières lourdes», ajoute le consultant.

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