Carrefour accusé d'employer sans payer

©2006 20 minutes

— 

Les pratiques douteuses de la grande distribution pour gagner de l'argent sur le dos de leurs fournisseurs sont de nouveau d'actualité. Régulièrement, les enseignes sont épinglées par la justice au sujet des « marges arrière », une technique qui consiste à facturer des services fictifs aux fournisseurs. Hier, le tribunal de grande instance de Perpignan jugeait le numéro 2 mondial de la distribution, Carrefour, pour avoir contraint des fournisseurs d'un hypermarché du nord de la ville à payer certains de ses employés, en 2001. En échange, les produits des entreprises étaient mis en valeur dans les rayons.

Selon l'enquête judiciaire, ces salariés effectuaient « un travail courant et habituel dans le cadre de l'activité normale de Carrefour ». Mais ils étaient cantonnés dans des emplois précaires et moins bien payés. De plus, ils échappaient aux conventions collectives et avantages sociaux propres au distributeur. Si les dirigeants du groupe se défendent d'avoir connu ce système, la CGT affirme qu'il était « longtemps généralisé et touchait quelque 5 000 personnes ». Il aurait seulement été mis en veilleuse après des condamnations à Chambéry, en 2002 et 2003.

Angeline Benoit (Avec AFP)

Selon la CGT, une salariée a travaillé dans cet hypermarché dix-huit ans « dans des conditions de précarité absolue ». Le syndicat chiffre son préjudice à 83 000 euros, mais le délit est en partie prescrit.