Les Français se méfient du crédit à la consommation

EMPRUNTS Les demandes de prêts ont fondu et le secteur va mal...

Gilles Wallon

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Les ménages sont plus prudents.
Les ménages sont plus prudents. — F. DURAND / SIPA

Le «crédit conso» n'a plus la cote. La société Cofinoga, spécialiste du prêt à la consommation, devrait annoncer aujourd'hui un très vaste plan de suppressions d'emplois. Il pourrait concerner de 500 à 700 personnes, soit plus d'un cinquième de ses effectifs globaux (2 650 salariés).

Si cette filiale de BNP Paribas et des Galeries Lafayette est la plus touchée, «la plupart des sociétés de crédit souffrent», explique Maël Bernier, porte-parole du courtier d'assurance, Empruntis.

La crise et la loi Lagarde

La mauvaise passe du secteur a une double origine. Elle vient d'abord de la crise, qui a fait sérieusement baisser la consommation des ménages et qui les a rendus prudents sur les achats de confort ou de plaisir soutenus par des prêts. La demande pour ces emprunts a fondu, sauf chez les ménages relativement aisés.

«Les revenus moyens des foyers emprunteurs étaient de 4 600€ net mensuels en 2011, contre 3 200€ en 2010. La différence est énorme», remarque Maël Bernier.»

A ce recul des achats s'ajoutent les conséquences de la loi Lagarde, entrée en vigueur à la mi-2011 pour réguler une offre sous le feu des critiques: celle des crédits renouvelables. Accusés de favoriser le surendettement, ces emprunts aux taux d'intérêt allant jusqu'à 15% étaient souvent souscrits par des clients mal informés. Ils sont maintenant plus surveillés et mieux connus du grand public. Une avancée pour les consommateurs, mais qui force le secteur à une mue douloureuse.

Surendettement - Un projet de loi pour créer un fichier qui recenserait toutes les personnes ayant déjà souscrit à un crédit renouvelable, afin de mieux lutter contre le surendettement, a été rejeté mercredi par une majorité de députés.