Triple A: Sarkozy fait son classement des agences de notation

ECONOMIE Le chef de l'Etat présentait ses voeux au monde économique ce jeudi, à Lyon...

N. Bu. avec Reuters

— 

Nicolas Sarkozy, lors de ses voeux au monde économique, à Lyon, mercredi 19 janvier 2012.
Nicolas Sarkozy, lors de ses voeux au monde économique, à Lyon, mercredi 19 janvier 2012. — AFP PHOTO / ERIC FEFERBERG

Nicolas Sarkozy a dénoncé jeudi le «spectacle indécent» auquel a donné lieu, selon lui, la dégradation de la note souveraine de la France par l'agence Standard & Poor's vendredi dernier. Le chef de l'Etat en a également profité pour livrer un classement très personnel des agences de notation.

Le président français, qui a longtemps fait de la préservation du triple A un point central de sa politique, a déclaré que la décision de S&P avait donné lieu à «un affolement peut-être sans précédent dans une partie du monde politique et une partie du monde médiatique» en France.

«Tout d'un coup, une agence de notation, Standard & Poor's, devenait la référence absolue de tous ceux qui, jusqu'à présent, soit l'ignoraient, soit la critiquaient», a-t-il dit lors de ses voeux au monde économique, à Lyon. «À partir du moment où cette agence disait du mal de la France, pour un certain nombre, ça ne pouvait être que la vérité, puisque c'était une critique de la France et peut-être de son gouvernement», a-t-il ajouté, visant l'opposition.

Moody's, une agence «deux fois plus importante» que S&P

«On a vu un spectacle parfois indécent, pour ceux qui aiment leur pays, d'hommes et de femmes donnant le sentiment de se réjouir de ce que venait de décider cette agence. C'était vendredi», a-t-il poursuivi. «Lundi, une autre agence, deux fois plus importante, a dit le contraire

Il faisait allusion à Moody's, agence en réalité comparable à S&P [les deux détiennent chacune 40% des parts de marché contre 15% pour Fitch], qui s'est contentée de réaffirmer qu'elle évaluait la perspective stable de la note triple A de la France et actualiserait sa notation des pays de l'Union européenne au premier trimestre.

>> Les enjeux de l'ère post-triple A à lire par ici

«Parce que tout d'un coup c'était positif pour la France, ce qu'a dit l'agence du lundi comptait moins que ce qu'a dit l'agence du vendredi», n'en a pas moins déclaré Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat a souligné qu'il ne fallait «ni dramatiser, ni minimiser» le rôle de ces agences.

«Dans ces circonstances-là, la seule solution c'est le sang-froid, la distance, le courage», a-t-il ajouté. «Ce ne sont pas ce que disent les agences qui compte, ce ne sont pas les agences qui font les politiques des Etats. Ce qui compte, c'est que nous avons trop d'endettement, trop de déficit, trop de dépenses et qu'il convient de réduire ces dépenses, cet endettement et ce déficit.»