Le FMI trouvera-t-il 600 milliards de dollars pour sauver la zone euro?

ECONOMIE L'institution peine à convaincre les Etats de puiser dans leur portefeuille...

M.B. avec agences

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La directrice du FMI, Christine Lagarde, lors d'une conférence de presse à Washington le 6 juillet 2011.
La directrice du FMI, Christine Lagarde, lors d'une conférence de presse à Washington le 6 juillet 2011. — Susan Walsh/AP/SIPA

Cherche 600 milliards désespérément. Le Fonds Monétaire International (FMI) appelle à l’aide pour renflouer ses caisses afin de faire face à la crise de la zone euro et à ses conséquences sur l'économie mondiale dans les deux années qui viennent. En plus de ses ressources actuelles, sa force de frappe passerait ainsi à près de 1.000 milliards de dollars.

De quoi venir en aide en partie à un pays comme l’Italie qui croule sous une dette de 1.900 milliards d’euros et qui ces derniers mois a fait l’objet de vives pressions de la part des marchés financiers. En effet le pare-feu de la zone euro, le fameux FESF (Fonds européen de stabilité financière), n’est doté aujourd’hui que de 250 milliards d’euros. Insuffisant.

Casse-tête

Le véritable casse-tête aujourd’hui pour le FMI est de convaincre ses membres de cracher au bassinet. Ce sont les 187 Etats qui lui fournissent ses ressources. Un exercice très compliqué par les temps qui courent. Histoire de montrer l’exemple, les pays de la zone euro ont déjà accepté de lui verser 193 milliards de dollars (150 milliards d’euros). Le Royaume-Uni a lui refusé d'apporter son aide, exigeant que les fonds apportés servent à aider des Etats et non à sauver l'euro, zone dont il ne fait pas partie.

Reste donc 407 milliards de dollars à dénicher. Les Etats-Unis, premier contributeur du FMI, ont déjà opposé une fin de non-recevoir. Rien d’étonnant à cela. Difficile pour Barack Obama de donner le sentiment à son opinion publique qu’il vient à la rescousse du vieux continent alors que la bannière étoilée est elle-même percluse de dette.

Le Japon à la rescousse?

Petite lueur d’espoir ce jeudi. Le Japon, le deuxième contributeur, s’est dit prêt à faire un geste, mais sous condition. Tokyo demande en contrepartie aux pays européens de faire plus d‘efforts. Autant dire que rien n’est fait. Mais le pays du soleil levant, comme ses partenaires, n’a pas intérêt à voir l’Europe s’enfoncer. Ses problèmes financiers risquent de ternir la croissance mondiale, menaçant en conséquence la reprise de l’économie nippone, toujours convalescente après le séisme, le tsunami et l'accident nucléaire du 11 mars.

Le FMI doit donc se tourner vers les pays émergents comme la Chine, l'Inde, le Brésil et la Russie. Mais là encore, comme toujours, le résultat est incertain. Ils se disent prêts à contribuer à renflouer les caisses de l'organisation basée à Washington en échange d'une augmentation de leurs droits de vote dans ses organes de décision.

Au final, la question du renflouement du FMI devrait rester en suspens d’ici la réunion des ministres des Finances du G20 à Mexico les 25 et 26 février.