La croissance française attendue à 0,1% en 2012

Reuters

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L'économie française devrait croître de seulement 0,1% cette année, soit bien moins que le 1,0% prévu par le gouvernement, selon une enquête réalisée par Reuters auprès de 20 économistes.

La réduction des déficits encore plus difficile

Ce net ralentissement va compliquer le redressement des comptes publics de la France, alors même que la note du pays vient d'être dégradée par Standard & Poor's et que Moody's examine la perspective stable du Aaa français.

Ces agences insistent sur le risque que fait peser ce ralentissement sur les notes des Etats.

Entrée en recession attendue

Les économistes interrogés par Reuters estiment en moyenne que le produit intérieur brut s'est réduit de 0,2% au quatrième trimestre 2011 et qu'il baissera de 0,1% dans les premiers mois de 2012 avant de croître à nouveau au deuxième trimestre.

Le gouvernement attendra quant à lui le projet de loi de finances rectificative prévu début février pour réviser éventuellement les perspectives de croissance de la France, selon une source gouvernementale.

Les économistes soulignent que les risques baissiers sur leurs prévisions se sont accrus, les politiques d'austérité pesant sur la demande et la menace d'un défaut de la Grèce mettant les banques européennes sous pression.

Vers un "credit crunch"

"Les conditions de crédit peuvent se resserrer plus encore que nous l'envisageons, les banques voyant toutes leurs sources de financement se raréfier, à l'exception de la BCE", estime Marie Diron, économiste au bureau d'études Oxford Economics.

"Deuxièmement, le chômage pourrait augmenter plus que prévu si les entreprises ont maintenu leurs effectifs en espérant une reprise économique cette année", ajoute-t-elle.

4,8 % de déficit en 2012

Le gouvernement assure que les mesures de rigueur annoncées jusqu'à présent permettront d'atteindre son objectif de réduction du déficit public à 4,5% du PIB fin 2012, même si la croissance n'est que de 0,5%.

Les économistes interrogés par Reuters estiment en moyenne que le déficit devrait atteindre 4,8% du PIB cette année et 3,6% en 2013, contre un objectif gouvernemental de 3,0%.

Enjeu central de la présidentielle

A trois mois de l'élection présidentielle, les autorités mettent l'accent sur l'augmentation de la croissance potentielle de la France, à travers une amélioration de la compétitivité.

En projet, une baisse des charges sociales compensée par une hausse de la TVA pour alléger le coât du travail et les accords "compétitivité-emploi" permettant d'ajuster dans les entreprises les salaires et le temps de travail à la conjoncture économique.

Nicolas Sarkozy a annoncé mercredi des mesures d'urgence consensuelles contre la montée du chômage et évité un affrontement avec les syndicats en reportant à fin janvier des décisions sur des sujets controversés comme cette "TVA sociale".