En Grèce, les sacrifices ou la faillite

ECONOMIE Le gouvernement négocie à la la fois des réductions de salaires et un effacement de sa dette...

Gilles Wallon

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Lors de la grève générale contre l'austérité, mardi à Athènes.
Lors de la grève générale contre l'austérité, mardi à Athènes. — D. MESSINIS / AP / SIPA

Négociations à tout-va en Grèce. Après une grève générale contre l'austérité mardi, Athènes a vu hier la reprise des discussions entre les créanciers privés du pays et le gouvernement, qui cherche à les convaincre de réduire de moitié la valeur de leurs titres de dette. Objectif : alléger de 100 milliards la dette colossale de 350 milliards d'euros qui plombe l'économie grecque, et éviter une faillite totale, qui pourrait arriver faute d'accord... avant la fin mars.

Pour ne rien arranger, une partie de bras de fer a aussi débuté hier entre le gouvernement et les syndicats sur un dossier particulièrement sensible : la baisse des salaires dans le privé, et une possible réduction du salaire minimum, fixé actuellement à 876 euros brut par mois.

Sous l'œil de la troïka

Ces deux discussions parallèles sont suivies de très près par les observateurs des trois bailleurs de fonds internationaux (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international). Présents en Grèce depuis mardi, les représentants de la troïka viennent examiner les comptes du pays avant le possible déblocage de nouvelles aides financières.

Pour leur donner des gages, le Premier ministre Lucas Papadémos se voit donc contraint d'instaurer de nouvelles mesures d'austérité. Et ce, alors que le chômage touche 18,8 % de la population active et que les salaires des fonctionnaires ont déjà baissé de 30 % en deux ans.