Sommet de crise: «Une opération médiatique»?

Cl. P. avec agences

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Le secrétaire général de CGT Bernard Thibault s’exprime devant l’Elysée après le sommet de crise, le 18 janvier 2012.
Le secrétaire général de CGT Bernard Thibault s’exprime devant l’Elysée après le sommet de crise, le 18 janvier 2012. — Philippe Wojazer / Reuters

Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste: «Une opération médiatique»

La première secrétaire du PS a réagi mercredi lors d’une conférence de presse: «On nous a dit que ce serait un sommet contre la crise, et puis finalement, on s'est rendu compte que c'était une opération médiatique de la part du président sortant pour finalement masquer un bilan assez dramatique. (…) Le vrai sommet social - et les Français le comprennent de jour en jour - c'est le sommet social que François Hollande réunira au lendemain de son élection comme président de la République pour mettre en place la véritable sortie de crise et la véritable compétitivité pour la France. (…) C'est un sommet de rattrapage sur la méthode quand on sait combien les partenaires sociaux ont été méprisés pendant tout ce quinquennat. Nicolas Sarkozy ne réunit les partenaires sociaux que lorsqu'il peut les utiliser pour sa propre communication personnelle».

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche: «De la politique de gribouille»

Interrogé sur LCI, le candidat à la présidentielle a taclé le sommet de crise : «Tout ça c'est de la politique de gribouille. Je lui signale que, pendant qu'il y est, embaucher du monde pour réparer ses erreurs après qu'il les ait débauchés, il faudra aussi qu'il embauche des fossoyeurs parce que depuis que la retraite se prend plus tard, les gens meurent plus tôt. (…) Tous ces chiffres, ils ne m'intéressent pas. Ce sont des numéros de batteur d'estrade. On jette à la figure des gens des chiffres, on ne les compare à rien. (…)Cette histoire de prix du travail qui serait excessif en France par rapport à l'étranger est absolument fausse. Je vais vous dire ce qui est excessif, c'est le prix de l'euro.»

Nicolas Dupont-Aignan, candidat à l'élection présidentielle, président de Debout la France:un sommet «pathétique»

Dans un communiqué publié mercredi, le président de Debout la France explique : «Le sommet social a rendu son verdict. Présenté et attendu comme un moment décisif dans la lutte contre le chômage, il a pourtant accouché d'une souris. Après avoir versé 30 milliards pour les banques en Grèce, il propose aujourd'hui 400 millions pour l'emploi : c'est pathétique. Ce sommet restera donc comme la rencontre de syndicats ectoplasmiques et d'un président manipulateur. Les Français ne peuvent être que désespérés».

Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT: « Il faut rester mobilisé »

Bernard Thibault a estimé mercredi que les mesures annoncées lors du sommet social n'auront "pas d'impact sur l'emploi" et a appelé à "la poursuite de la mobilisation". "Il va falloir rester mobilisé parce qu'il n'y a pas d'annonces plus précise à ce stade", a-t-il déclaré à la sortie de l'Elysée 

«Là où nous aboutissons en quelque sorte à un constat de désaccord, c'est sur cette idée, confirmée aujourd'hui pendant plusieurs heures, que la véritable cause du chômage, c'est le coût du travail trop élevé dans notre pays.»

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT : «On ne va pas assez loin sur l’emploi»

Le leader du syndicat CFDT a déploré mercredi le fait que le sommet social se soit tenu "cinq ans trop tard". Selon lui, les mesures ne vont pas aussi loin que l'aurait souhaité la CFDT : «Sur les mesures emploi, il y a des choses, malheureusement on ne va pas aussi loin que ce qu'il faut faire, donc la CFDT continuera à essayer de les améliorer dans les rencontres futures. Sur les autres sujets, un flou, mais une mise en garde sur la TVA sociale, et je tiens à le répéter, la CFDT n'acceptera pas une hausse de la TVA qui n'aura rien de social, qui ne sera qu'une baisse du pouvoir d'achat».

Laurence Parisot, présidente du Medef : «Une excellente réunion»

La présidente du Medef a souligné mercredi la qualité des discussions avec le chef de l’Etat et les partenaires sociaux et a avancé ses propositions sur la réforme du financement de la sécurité sociale : «La charge qui pèse sur la production, sur le travail est aujourd'hui pénalisante pour tout le monde. Nous avons dit au président de la République qu'il y a plusieurs scénarios possibles. Il y a un scénario qui consiste à faire glisser une partie des charges, des cotisations familles, que payent l'employeur, vers la TVA. On peut aussi imaginer un scénario qui ferait baisser à la fois les cotisations employeurs et salariés. Le président a dit que ce n'était pas la solution qu'il privilégiait mais il a dit que les discussions étaient ouvertes.»

Eva Joly, candidate écologiste à l'élection présidentielle: «pas de véritable solution proposée»

Intérrogée sur i>Télé, Eva Joly s’est montrée très sévère avec le bilan de ce sommet: «Je constate qu'il n'y a pas de véritable solution proposée, ni dans l'immédiat ni pour l'avenir. Il aurait été simple par exemple d'annoncer un blocage des loyers qui aurait soulagé immédiatement les citoyens. Ce n'est pas non plus l'annonce du recrutement de 1.000 CDD au Pôle Emploi qui va changer la situation catastrophique au Pôle Emploi».

Marisol Touraine, en charge du pôle social dans l'équipe de François Hollande: «un sommet pour la galerie, pas pour les salariés»

La collaboratrice du candidat socialiste à la présidentielle à lancé la contre-attaque sur i>Télé : «C'est un sommet qui laisse un sentiment d'inachevé, d'ailleurs on a le sentiment que les mesures importantes, peut-être les mesures douloureuses, nous sont annoncées pour la fin du mois lorsque le président de la République s'exprimera. (…) Aujourd'hui, quelques mesures ont été mises sur la table pour lutter contre le chômage, certaines vont dans le bon sens, il nous semble que l'effort qui est engagé qui n'est pas suffisant. (…) Ce sommet social n'est pas un sommet pour les salariés, c'est un sommet pour la galerie, pour la campagne, qui a permis d'accoucher de quelques mesurettes ».

Hervé Morin, candidat du Nouveau Centre à l'élection présidentielle: «Si on met en œuvre des mesures de façon précipitée, on les gâche»

Hervé Morin s’en est pris mercredi au calendrier du chef de l’Etat qui a choisi de mener des réformes majeurs à quelques mois de l’élection présidentielle : «Il y a des mesures qui sont pour les cent jours d'avant l'élection présidentielle, mais il y a des mesures qui sont pour les cent jours après l'élection présidentielle, après un débat. Si on met en œuvre des mesures de façon précipitée, on les gâche. (…) Ça donne un sentiment de fébrilité : les sondages ne sont pas bons, la situation économique est difficile, des mesures que j'ai repoussées pendant quatre ans et demi, tout à coup je leur trouve grâce. Je trouve que ce n'est pas une bonne façon de procéder». (

Marine Le Pen, candidate du Front national à la présidentielle : «aux côtés des travailleurs dans la vallée des larmes».

« 5 millions de chômeurs, 8 millions de pauvres. Sarkozy a-t-il été élu pour ça? », dénonçait le tract distribué mercredi par les militants frontistes et la candidate du parti d'extrême droite à la présidentielle aux portes du site historique de PSA-Sochaux dans le Doubs. «Pendant que les responsables de l'effondrement de l'industrie se congratulent dans les sommets, je suis aux côtés des travailleurs dans la vallée des larmes».