Sommet sur la crise: Nicolas Sarkozy débloque une enveloppe de 430 millions d'euros pour lutter contre le chômage

SOCIAL A l'issue du sommet social, le chef de l'Etat a annoncé mercredi une série de mesures d'urgence en faveur de l'emploi...

Claire Planchard

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Nicolas Sarkozy, le 18 janvier à l'Elysée à l'issue du "sommet sur la crise".
Nicolas Sarkozy, le 18 janvier à l'Elysée à l'issue du "sommet sur la crise". — REMY DE LA MAUVINIERE / POOL / AFP

A trois mois de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy fait de la lutte contre le chômage la priorité de sa fin de mandat.

Des mesures d’urgence pour enrayer la montée du chômage

Parmi les mesures d’urgence dévoilées mercredi: le renforcement des effectifs de Pôle emploi avec l’embauche de 1.000 salariés supplémentaires.

Sur le thème du chômage partiel, qui faisait largement consensus parmi les syndicats et les organisations patronales, le chef de l’Etat a réaffirmé sa détermination à tout faire pour maintenir les salariés en activité et éviter les licenciements.

Le président de la République a annoncé par ailleurs un «plan sans précédent de formation» pour les chômeurs de longue durée (de plus de deux ans): «Tous, sans exception, se verront proposer soit une formation, soit un emploi, soit un processus de resocialisation pour ceux qui sont éloignés de l'emploi depuis tant de temps qu'ils se trouvent en situation d'incapacité de reprendre un emploi, soit un contrat aidé, marchand ou non marchand», a détaillé Nicolas Sarkozy.

Il a également annoncé la suppression pendant six mois des charges sociales pour les très petites entreprises (TPE) qui embauchent un jeune de moins de 26 ans.

Une enveloppe de 430 millions d’euros potentiellement doublée

Ces mesures coûteront 430 millions d'euros mais ne devraient pas peser sur les déficits car elles seront financées «par redéploiement», a précisé le chef de l’Etat. Il a ajouté que la mobilisation de crédits du Fonds social européen (FSE) et de fonds gérés par les partenaires sociaux devrait permettre de porter la totalité de ces engagements à 800 ou 900 millions d'euros.

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a annoncé six grands chantiers d’avenir. Parmi eux: la nécessité absolue de faire entrer les jeunes dans l'entreprise par l'apprentissage»,  la préparation d’une  «réforme radicale de la formation professionnelle» et des mesures «extrêmement puissantes» pour doper l'offre de logement.

Le chef de l’Etat a également confirmé que la taxe sur les transactions financières ferait l'objet d'une proposition précise d'ici à la fin du mois. «Elle a  vocation à s'appliquer à l'ensemble de la zone euro mais la France est prête à donner l'exemple», a indiqué Nicolas Sarkozy, saluant au passage le soutien exprimé par l'Allemagne et l'Espagne.

Silence sur la TVA sociale et les accords de compétitivité-emploi

En revanche, concernant les chantiers de la TVA sociale et de la réforme du financement de la sécurité sociale, frontalement combattus par les organisations syndicales, le chef de l’Etat n’a fait aucune annonce concrète.

Même flou autour de la négociation d'accords compétitivité-emploi dans les entreprises en difficulté et la création d'une banque de financement de l'industrie. «Les décisions seront connues à la fin du mois. Pendant les dix jours à venir les contacts vont se poursuivre avec les parlementaires», a simplement indiqué le chef de l’Etat.