Fitch devrait dégrader plusieurs pays de la zone euro d'ici fin janvier

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L'agence de notation financière Fitch a abaissé mardi de deux crans, à "A+", la note de la dette à long terme du Japon, invoquant la dette publique massive du pays, qui équivaut à plus de deux fois son Produit intérieur brut.
L'agence de notation financière Fitch a abaissé mardi de deux crans, à "A+", la note de la dette à long terme du Japon, invoquant la dette publique massive du pays, qui équivaut à plus de deux fois son Produit intérieur brut. — Joël Saget afp.com

L'agence d'évaluation financière Fitch devrait abaisser la note de plusieurs pays de la zone euro d'ici la fin du mois de janvier, dont l'Italie qui pourrait voir sa note abaissée de deux crans, ont indiqué mercredi des responsables de l'agence à Milan.

Le 16 décembre, Fitch avait indiqué qu'elle envisageait d'abaisser d'ici fin janvier la note de l'Italie et de cinq autres pays de la zone euro (Espagne, Belgique, Slovénie, Chypre et Irlande).

"Nous nous attendons à ce que l'examen amène à la dégradation d'une majorité de ces Etats", a déclaré Edward Parker, un haut dirigeant de l'agence, en marge d'une conférence organisée par Fitch à Milan.

Interrogé sur la possibilité d'une dégradation de la note de l'Italie de deux crans, Alessandro Settepani, un autre dirigeant de l'agence, a déclaré de son côté que c'était l'"une des options possibles".

Une autre des trois grandes agences, Standard and Poor's, a abaissé vendredi la note de neuf pays de la zone euro, dont la France qui a perdu son précieux "AAA" et l'Italie dont la note a été dégradée de deux crans à "BBB+".

M. Parker a en revanche assuré que Fitch ne s'attendait pas à ce que l'Italie se retrouve dans une situation de défaut de paiement.

"Cela ne fait certainement pas partie de nos attentes", a-t-il indiqué.

Selon lui, l'Italie, qui croule sous une dette publique colossale et a un potentiel de croissance faible. dispose tout de même de bons fondamentaux comme un déficit budgétaire limité et un secteur privé solide.

"Par rapport à d'autres pays comme l'Irlande ou l'Espagne, l'Italie n'a jamais eu une explosion insoutenable du crédit dans le secteur privé", a-t-il souligné.

M. Parker a estimé par ailleurs que l'Italie était trop grande pour faire faillite, ce qui obligerait ses partenaires européens à tout faire pour éviter un tel scénario.

Le 10 janvier, lors d'une conférence organisée à Londres par Fitch, David Riley, chargé de superviser la notation des dettes souveraines au sein de l'agence, avait déjà indiqué qu'il y avait "une chance significative" pour que la note de l'Italie soit de nouveau abaissée d'ici fin janvier.

Fitch avait déjà abaissé la note de l'Italie d'un cran début octobre à "A+".

M. Riley avait également estimé que la situation de l'Italie était "explosive" car elle devait émettre cette année un montant "colossal" de dette.

L'Italie inquiète particulièrement les marchés parce qu'elle ploie sous une dette colossale de plus de 1.900 milliards d'euros, soit environ 120% de son PIB, et va devoir réaliser le tour de force de lever cette année environ 450 milliards d'euros d'obligations.