Sommet social: Rencontre sous tension après la perte du triple A

SOCIAL Les syndicats craignent que la partition ne soit déjà écrite...

Delphine Bancaud

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Le sommet aura lieu à l'Elysée.
Le sommet aura lieu à l'Elysée. — C. PLATIAU / REUTERS

La rencontre s'annonçait tendue, elle pourrait être explosive. C'est ce mercredi matin que Nicolas Sarkozy réunit à l'Elysée les partenaires sociaux à l'occasion du sommet social, rebaptisé depuis le début de la semaine «sommet sur la crise». Un changement de sémantique qui n'est pas anodin, selon Jean-Marie Pernot, chercheur à l'Institut de recherches économiques et sociales (Ires): «Le retrait du triple A par l'agence Standard & Poor's donne l'occasion à Nicolas Sarkozy d'insister sur la gravité de la crise, ce qui pourrait lui permettre de faire passer en force certaines mesures.»

Du coup, les syndicats craignent que leur espace de négociation ne soit très restreint lors du sommet. «Il y a le risque d'un sommet pour la posture, pour l'affichage», a prévenu le leader de la CGT, Bernard Thibault. Si certains thèmes (l'extension du chômage partiel, le renforcement des moyens alloués à Pôle emploi, le développement de la formation des chômeurs) susciteront a priori un large consensus, d'autres sujets comme la mise en place de la TVA sociale ou les accords compétitivité-emploi (permettant à une entreprise de négocier une baisse du temps de travail et une baisse des salaires en cas de difficulté) s'avèrent déjà explosifs.

Peu d'annonces ce mercredi

«Nous participons à ce sommet pour trouver des mesures d'urgence pour lutter contre le chômage, prévient Laurent Berger, secrétaire national à l'emploi de la CFDT. Mais nous ne sommes pas là pour discuter de mesures structurelles, que le gouvernement aimerait prendre à la hussarde, trois mois avant l'élection présidentielle.» Une position que partagent la plupart des syndicats. Reste que, selon l'entourage de Nicolas Sarkozy, les annonces concernant les réformes de fond, et donc les plus polémiques, ne seront pas faites mercredi mais à la fin janvier, peut-être lors d'une intervention télévisée. Une bombe à retardement?