La crise de la dette au coeur du déplacement de Sarkozy à Madrid

CRISE DE LA DETTE Sarkozy et Rajoy se réunissaient à Madrid pour évoquer l'importance d'une cohésion renforcée entre leurs pays en ces temps-ci...

20minutes.fr avec agence

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Les dirigeants français Nicolas Sarkozy et espagnol Mariano Rajoy ont cherché lundi à minimiser l'impact de la dégradation de leurs pays par l'agence Standard & Poor's, appelant à réduire les déficits et relancer la croissance en pleine crise de la dette en zone euro.
Les dirigeants français Nicolas Sarkozy et espagnol Mariano Rajoy ont cherché lundi à minimiser l'impact de la dégradation de leurs pays par l'agence Standard & Poor's, appelant à réduire les déficits et relancer la croissance en pleine crise de la dette en zone euro. — Pierre-Philippe Marcou afp.com

Les dirigeants français Nicolas Sarkozy et espagnol Mariano Rajoy ont cherché lundi à minimiser l'impact de la dégradation de leurs pays par l'agence Standard & Poor's, appelant à réduire les déficits et relancer la croissance en pleine crise de la dette en zone euro.

Deux pays dégradés vendredi dernier

«Nous sommes face à une crise sans précédent qui nous impose de réduire nos dépenses, de réduire notre déficit mais aussi de trouver le chemin d'une nouvelle croissance en résolvant nos problèmes de compétitivité», a estimé le président français devant la presse.

Dans cette période difficile,  la France veut continuer à travailler avec l'Espagne», a-t-il affirmé. Mariano Rajoy a, lui, apporté le soutien de son pays «à la taxe sur les transactions financières, le cheval de bataille de Sarkozy».

Le chef du gouvernement conservateur effectuait sa première rencontre avec un hôte étranger depuis sa prise de fonctions fin décembre. Le contexte financier et économique ne pouvait pas être plus morose: la note des deux pays a été dégradée vendredi par Standard & Poor's, la France d'un cran, perdant la meilleure note AAA, et l'Espagne de deux crans.

L'Espagne, l'un des pays les plus vulnérables de la zone euro, avec un taux de chômage record de 21,52%, est menacée de récession. La France a un taux de 9,3%, le plus haut depuis douze ans, avec une croissance atone. Néanmoins, le président Sarkozy s'est voulu combatif, à deux semaines du prochain sommet européen de Bruxelles.

La dégradation, pour Sarkozy, ne change rien

«L'Espagne et la France ont beaucoup à faire pour que l'Europe sorte des crises à répétition qu'elle connaît depuis trois ans», a-t-il affirmé. Les deux dirigeants ont également tenté de minimiser l'impact de la décision de l'agence de notation américaine. «Sur le fond des choses, ça ne change rien», a estimé Nicolas Sarkozy.

«Nous devons réduire les déficits, réduire les dépenses, améliorer la compétitivité de nos économies pour retrouver la croissance», a-t-il insisté, appelant à «ne pas s'affoler mais à réagir à ces décisions avec sang-froid, avec recul».

«En France, et je suppose en Espagne aussi, ce ne sont pas les agences de notation qui doivent définir la politique économique de nos pays respectifs», a-t-il affirmé.

«Je n'ai pas l'intention de tenir compte de ce que disent les uns et ce que disent les autres», a-t-il dit, qualifiant toutefois les notations des agences «d'éléments intéressants».

«Au final, le plus décisif est que chaque pays suive son propre chemin», a pour sa part réagi Mariano Rajoy.

Si l’Espagne coule, tout le monde coule

«Si l'Espagne ne devait pas réussir (à assainir son économie), nous serions tous impactés, a rappelé le président français. Nous avons intérêt à la réussite du gouvernement de Monti (en Italie), nous avons intérêt à la réussite du gouvernement de Rajoy».

Plus tôt dans la journée, Nicolas Sarkozy avait été fait chevalier de l'ordre de la Toison d'Or, l'une des plus anciennes distinctions au monde par le roi Juan Carlos.

Mariano Rajoy, qui prévoit de rendre visite à la chancelière allemande le 26 janvier à Berlin, a un autre rendez-vous européen mardi, avec la visite à Madrid du président du Conseil européen, Herman van Rompuy. Pour sa part, le président français doit rencontrer à Rome en février le Premier ministre italien Mario Monti, avec Angela Merkel.