Naufrage du Concordia: Un coup dur à court terme pour le secteur des croisières

Reuters

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Le naufrage spectaculaire du paquebot "Costa Concordia" au large la Toscane risque, en pleine saison des réservations, de porter, tout au moins à court terme, un coup très sévère au secteur des croisières, déjà touché par la crise en Europe.

Carnival, le propriétaire du mastodonte des mers qui a heurté vendredi dans la soirée un récif proche de l'île de Giglio avec 4.200 personnes à bord, devrait perdre environ 90 millions de dollars en raison de la seule mise hors service du navire pour le restant de l'année.

Un impact terrible en pleine période de réservation

Les conséquences à long terme pour le secteur des croisières pourraient être importantes. Cet accident risque d'avoir un impact significatif en termes commerciaux parce que nous sommes en pleine période de réservations", explique Geoffrey d'Halluin, analyste chez Natixis.

Le premier trimestre est une période critique pour les réservations de croisière et les images télévisées du "Costa Concordia", échoué sur le flanc, qui font actuellement le tour du monde, ne devraient pas encourager les vacanciers, déjà touchés par les effets de la crise, à opter pour ce type de tourisme.

"Je pense que ce sera terrible sur le court terme", déclare à Reuters Wyn Ellis, analyste chez Numis. "L'impact à court terme est certain parce que nous sommes en pleine période de réservations et parce que nombre de clients seront dissuadés de partir en croisière."

"Les gens ont la mémoire courte"

Cet analyste croit toutefois que le secteur s'en remettra à long terme. "Les gens ont la mémoire courte. Cet été sera terrible mais en terme d'estimations à long terme et de fondamentaux du secteur, je crois que l'impact sera finalement marginal", dit-il.

En décembre, Carnival avait déjà abaissé les tarifs de ses croisières 2012 en raison d'un tassement de la demande en Europe consécutive aux effets de la crise de l'euro.

Outre la perte en terme de mise hors service du navire échoué jusqu'à la fin de l'année évaluée entre 85 et 95 millions de dollars, Carnival, dont l'action chutait de 17% lundi en milieu d'après-midi à la Bourse de Londres, anticipe d'autres moins-values impossibles à chiffrer pour le moment.

Carnival, assurée pour 405 millions d'euros auprès de ses assureurs, contrôle environ trois quarts du marché mondial des croisières avec Royal Caribbean.

Les deux autres croisiéristes importants en Europe en terme de ventes sont TUI Travel et Thomas Cook.