L'euro toujours en baisse, digère peu à peu les dégradations de S&P

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a Commission européenne a exhorté mardi le gouvernement espagnol à tenir l'engagement prévu d'une réduction de moitié environ de son déficit public cette année, alors que les signes de dérapages se multiplient.
a Commission européenne a exhorté mardi le gouvernement espagnol à tenir l'engagement prévu d'une réduction de moitié environ de son déficit public cette année, alors que les signes de dérapages se multiplient. — Dominique Faget afp.com

L'euro s'affichait encore en baisse lundi matin, digérant lentement l'annonce vendredi de la dégradation par Standard & Poors de la note de la dette souveraine de neuf pays de la zone euro dont la France, deuxième économie de la région, qui a perdu son triple "AAA".

Vers 07HOO GMT (08H00 à Paris), l'euro valait 1,2653 dollar contre 1,2677 dollar vendredi vers vers 22H00 GMT.

L'euro reculait également face à la devise nippone à 97,24 yens contre 97,56 yens vendredi soir.

Le dollar perdait également du terrain face à la monnaie japonaise à 76,85 yens contre 76,96 yens vendredi soir.

L'euro continuait à souffrir d'une tendance baissière tant face au dollar qu'au yen dans la foulée de l'abaissement des notations décidé par S&P, a relevé Yuji Saito, cambiste du Credit Agricole.

Vendredi, la monnaie unique a chuté dans l'après-midi à 1,2624 dollar, son plus bas niveau depuis août 2010, et à 97,20 yens, une cotation qu'elle n'avait plus atteinte depuis décembre 2000, lorsque des sources européennes ont révélé l'imminence des dégradations.

L'euro a ensuite peu réagi à la confirmation de l'information par le ministre français des Finances François Baroin et un peu plus tard quand S&P a publié sa décision, qui relègue notamment Paris à "AA+", l'Italie à "BBB+", l'Espagne à "A" et le Portugal à "BB".

L'avenir du FESF en question

L'Allemagne garde en revanche son "AAA", assorti d'une perspective stable.

Actuellement, le marché "bruisse de spéculations sur la possibilité d'un abaissement de la note du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et les investisseurs attendent des commentaires" supplémentaires de l'Allemagne en espérant y trouver les indices d'une plus grande implication dans la consolidation de ce fonds de secours, a expliqué Yuji Saito.

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé samedi que l'annonce de S&P n'aurait pas d'impact sur la contribution allemande dans le FESF qui est doté d'une capacité de prêts totale de 440 milliards d'euros.

"Je ne crois pas que les dégradations (des notations des pays de la zone euro) aient d'une quelconque manière que ce soit pour conséquence que l'Allemagne doive faire plus par rapport aux autres", a-t-elle affirmé.

Elle a expliqué n'avoir jamais pensé qu'une notation triple A était indispensable pour le FESF, qui doit être définitivement remplacé par le Mécanisme européen de stabilité (MES) à la mi-2012. Il sera doté de son propre capital et donc moins dépendant des notations des Etats européens.

Pour Masafumi Yamamoto, stratégiste chez Barclays Capital à Tokyo, les émissions prévues cette semaine de la "France et de l'Espagne pourrait également pousser les investisseurs à vendre de l'euro."

Vers 07H00 GMT, la livre britannique progressait face à l'euro à 82,61 pence pour un euro, et baissait face au billet vert, à 1,5316 dollar.

La devise helvétique baissait face à l'euro à 1,2084 franc suisse pour un euro et face au billet vert à 0,9549 franc suisse pour un dollar.