Épargne: «Une hausse du taux du livret A aurait été un cadeau temporaire»

INTERVIEW Le secrétaire général du Cercle des épargnants, Philippe Crevel, réagit à la décision du gouvernement de maintenir le taux du livret A à 2,25 %...

Propos recueillis par Claire Planchard

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Le Livret A, placement préféré des Français.
Le Livret A, placement préféré des Français. — MEIGNEUX/SIPA

Est-ce une mauvaise nouvelle pour les épargnants?

Philippe Crevel: Pour les épargnants ce n’est pas une bonne nouvelle mais il faut relativiser. D’abord,si le gouvernement avait augmenté le taux du livret A aujourd’hui, cela aurait été un cadeau temporaire: il aurait probablement dû le diminuer dans les prochains mois parce que dans le contexte de récession actuel on anticipe une baisse de l’inflation.

Deuxièmement, il est économiquement plutôt rationnel de maintenir des taux bas pour favoriser la consommation qui soutient l’activité en période de crise. Et cela, les épargnants y ont eux aussi intérêt.
Troisièmement, le livret A sert à financer les logements sociaux: si on avait augmenté la rémunération, cela aurait pénalisé les logements sociaux, alors qu’on a un grand besoin de logements.

Cette décision peut-elle contribuer à rendre d’autres placements plus attractifs?

Aujourd’hui, les placements de long terme sont pénalisés par rapport aux placements de court terme: si on avait porté les taux courts du livret A à 2,75 %, ils auraient été presque aussi élevés que les taux longs (comme l’assurance vie qui est aujourd’hui à 3 %, ndlr). Ce n’est pas sain en termes économiques. Cette décision va contribuer à maintenir une hiérarchie et elle va peut être favoriser l’assurance vie. C’est en tout cas un signe favorable vis-à-vis des placements à plus long terme.

Le Plan épargne logement (PEL) lui aussi rémunéré à 2,5 % va-t-il poursuivre son rebond ?

Il est vrai que la soif d’immobilier actuelle joue de facto en faveur du PEL qui redevient attractif après avoir souffert ces dernières années. On va voir si cette tendance perdure dans le contexte actuel de resserrement du crédit immobilier de la part des banques.