Les consommateurs seront-ils au rendez-vous des soldes?

M.B.

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Soldes au magasin "Le Printemps" à Paris en juin 2011.
Soldes au magasin "Le Printemps" à Paris en juin 2011. — DURAND FLORENCE/SIPA

C’est parti. Depuis ce mercredi matin 8h et jusqu’au 14 février, les consommateurs vont pouvoir bénéficier des soldes d’hiver. Mais ce cru 2012 ne s’ouvre pas sous les meilleurs auspices.

On ne peut pas dire que la multiplication des ventes privées, depuis le début de l’année, rende cet événement commercial incontournable. En effet, ces promotions avant l'heure séduisent de plus en plus de clients. «Ils ont l'impression de ne pas être noyés dans la masse, ils peuvent trouver l'article de leur choix à la bonne taille avec des rabais d'au moins 30% et faire leur shopping sans être bousculés», expliquait récemment à 20 Minutes Franck Delpal, économiste à l'Institut français de la mode.

D’un autre côté, le contexte économique morose risque d’inciter les Français à la prudence. «On espère qu’ils seront là», indique le président de la Fédération nationale de l'habillement. Mais Bernard Morvan ne cache pas son inquiétude. Et les projections semblent malheureusement lui donner raison.

A 10h ce matin, Sarenza.com, leader de la vente de chaussures sur Internet, qualifiait de décevant le début des soldes avec un panier moyen en baisse. Une première en trois ans, selon Stéphane Treppoz, le patron du site.

Un budget moyen en recul de 7 euros

D’après un sondage Ipsos pour le Conseil national des centres commerciaux, les Français ne seront que 76% à faire les soldes, contre 85% en 2011, avec un budget moyen en recul de 7 euros à 244 euros. Une tendance que vient confirmer une enquête de l'Ifop pour le site Spartoo.com, selon laquelle 50% des sondés affirment que la crise va avoir une influence directe sur leurs achats avec un panier moyen de 229 euros.

«Je pense que les soldes vont être assez pitoyables. Le climat économique fait qu'on n'a pas envie de dépenser», estimait récemment Jean-Pierre Mocho, président de la Fédération française de prêt-à-porter féminin.

Une très mauvaise passe pour les professionnels qui sont confrontés depuis cet été à des ventes très moroses. Avec la météo particulièrement clémente, difficile d’écouler des vêtements chauds. Alors les stocks s’accumulent. Au final, les ventes de textile-habillement pourraient ainsi  reculer de 1,8% cette année, selon l'Institut français de la mode.