Free Mobile: «Les concurrents vont chercher à ne pas baisser trop les prix tout en se différenciant»

TELEPHONIE Hervé Collignon, associé du cabinet d'A.T. Kearney, revient sur l'arrivée de Free dans le paysage du mobile...

Propos recueillis par Mathieu Bruckmüller

— 

Free Mobile a dévoilé ses cartes SIM lundi 9 janvier 2012 sur Internet.
 
Free Mobile a dévoilé ses cartes SIM lundi 9 janvier 2012 sur Internet.   — Free Mobile / Iliad

Ce mardi, Free Mobile a frappé fort. Le trublion de l'univers high-tech a proposé une offre à 19,99 euros par mois (qui comprend les appels nationaux et vers plus de 40 pays illimités, les SMS et MMS illimités et un accès à Internet avec 3 Go de data, soit six fois la moyenne du marché) et une autre avec 60 minutes d’appel et 60 SMS pour seulement deux euros par mois. Cette dernière sera même gratuite pour les abonnés Freebox… 20 Minutes fait le point sur cette entrée en fanfare avec Hervé Collignon, associé du cabinet de conseil A.T. Kearney.

L’arrivée de Free Mobile tient-elle ses promesses?

Free est extrêmement agressif. Par rapport à toutes les offres comparables, les siennes sont très très en dessous du mieux-disant actuel, qui est Bouygues Telecom. Pour les opérateurs (Orange, SFR et Bouygues Telecom) en place, c’est un coup très dur.

Comment vont-ils réagir?

Soit ils s’alignent sur Free et dans ce cas-là, une très grosse partie de leur chiffre d'affaires va fondre. Bouygues Telecom serait le plus impacté puisqu’il a la base d’abonnés la plus petite. Dans les faits, ils vont chercher à ne pas trop baisser leurs prix tout en se différenciant. Ils vont mettre en avant la qualité de service à travers leur réseau de boutiques qui, jusqu’ici, a toujours été la clé de la réussite sur le marché français. Les opérateurs traditionnels ont chacun plusieurs centaines de points de vente alors que Free, pour l’instant, n’en a que quelques-uns.

Une offre illimitée à 19,99 euros par mois, est-ce rentable?

On peut se poser la question. Nous estimons que le seuil de rentabilité pour le type d’offre lancé par Free avoisine les 20 euros. A terme, il devra augmenter la facture moyenne à travers de nouvelles prestations. On peut effectuer un parallèle avec la situation dans le transport aérien. Par exemple, la compagnie low-cost EasyJet rajoute des services payants tandis qu’Air France diminue ses services. Les deux modèles convergent.

Quel part de marché Free peut-il espérer conquérir?

Le challenge est de convertir les près de cinq millions d’abonnés de Free en utilisateurs de Free mobile. L’opérateur est capable, selon nous, d’aller chercher 10 à 12% du marché français, qui compte 67 millions de clients. A l’origine, nous pensions que cela lui prendrait cinq ans. Vu ses offres, le groupe pourrait atteindre cette barre dans les trois ans.

>> Revivez les annonces en vidéo et en live comme-à-la-maison par ici