Le rial iranien chute, les SMS comportant «dollar» sont bloqués

Reuters

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La devise nationale iranienne, le rial, a chuté de 20% face au dollar au cours des sept derniers jours, malgré l'intervention de la Banque centrale d'Iran, et des Iraniens préoccupés par la situation économique déclaraient mardi que les textos contenant le mot "dollar" semblaient être bloqués.

La Banque centrale aurait injecté 200 millions de dollars sur les marchés des changes mercredi dernier, alors que les nouvelles sanctions américaines, bien plus dures que les précédentes, poussent les Iraniens à changer des rials contre des devises fortes, ce qui accélère la hausse du billet vert.

La Banque centrale d'Iran, annonçant qu'elle intervenait pour stabiliser la devise nationale, a imposé un taux de change de 14.000 rials pour un dollar (le record à la baisse ayant été de 18.000 pour un dollar), mais nombre de bureaux de change ne comptent pas changer les devises à ce taux.

Mardi, le billet vert atteignait de nouveau les 17.000 rials, selon certains bureaux de change, soit 50% de plus que le "taux de référence" de 11.240 rials de la Banque centrale d'Iran.

Signe de la sensibilité des autorités iraniennes concernant la situation économique, les Iraniens, habitués de longue date déjà aux contrôles sur internet et les communications par téléphone portable, ont dit ne plus pouvoir envoyer de textos contenant le mot "dollar".

Sanctions américaines plus dures

Mes collègues et moi-même avons essayé de nous en envoyer au bureau, et nous avons été surpris de constater que les textes comportant des mots comme "dollar" et "devise étrangère" n'arrivaient pas à leur destinataire", a expliqué un fonctionnaire iranien à Téhéran.

Plusieurs journaux ont signalé ce problème, en ajoutant que les autorités démentaient filtrer les SMS.

A la veille du Nouvel An, le président Barack Obama a signé une loi autorisant les sanctions les plus dures adoptées à ce jour par Washington contre Téhéran. Ces sanctions, si elles ont appliquées dans leur intégralité, pourraient empêcher l'achat de pétrole iranien par la plupart des pays.

La loi signée par Obama le 31 décembre impose des sanctions à toute institution financière faisant des transactions avec la Banque centrale d'Iran, qui est la principale chambre de compensation pour les revenus pétroliers iraniens. Les institutions qui feront l'objet de sanctions n'auront plus accès aux marchés financiers américains.

Ces sanctions doivent entrer en vigueur au terme d'une période dite d'avertissement, d'une durée comprise entre deux et six mois. En vertu de la loi, le président américain peut décider d'accorder des dérogations si cela peut être dans l'intérêt des Etats-Unis ou si cela est nécessaire à la stabilité des marchés des hydrocarbures.