La Hongrie qui a cruellement besoin d'un prêt, envoie une délégation au FMI

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Une délégation hongroise doit se rendre à partir de mardi au Fonds monétaire international, un rendez-vous décisif pour Budapest qui a cruellement besoin d'un prêt mais s'est mis l'institution de Washington et l'Europe à dos en raison de ses réformes controversées.
Une délégation hongroise doit se rendre à partir de mardi au Fonds monétaire international, un rendez-vous décisif pour Budapest qui a cruellement besoin d'un prêt mais s'est mis l'institution de Washington et l'Europe à dos en raison de ses réformes controversées. — Georges Gobet afp.com

Une délégation hongroise doit se rendre à partir de mardi au Fonds monétaire international, un rendez-vous décisif pour Budapest qui a cruellement besoin d'un prêt mais s'est mis l'institution de Washington et l'Europe à dos en raison de ses réformes controversées.

Le négociateur hongrois Tamas Fellegi est parti sur place dès samedi, et a entamé lundi les premières consultations.

Le FMI a précisé qu'il rencontrerait le numéro deux du FMI David Lipton mardi, et la directrice générale Christine Lagarde jeudi. Diverses réunions avec les économistes du FMI étaient également prévues.

Après avoir irrité les institutions internationales en faisant adopter une réforme de la banque centrale jugée préjudiciable à son indépendance et une constitution aux accents antidémocratiques, le Premier ministre Viktor Orban s'est voulu plus conciliant dimanche.

M. Fellegi "pourra accepter -sans consultation avec le gouvernement- toute forme de crédit, qui pourra aider la Hongrie à se financer sur les marchés internationaux", a-t-il déclaré dans un entretien à l'agence nationale MTI.

Le négociateur, ministre sans portefeuille dans le gouvernement Orban, devra aussi faire savoir la volonté du pays à coopérer avec le FMI dans la mise en oeuvre de l'accord, "car il est naturel que le FMI veuille voir une politique économique en Hongrie, qui garantisse que son crédit soit remboursé", a-t-il ajouté.

Les propos du chef du gouvernement ont rassuré quelque peu le marché des changes. Le forint, la devise locale, a fini la journée à 315,5 forint pour un euro, faisant moins bien que vendredi (314,23 forint) mais loin des plus bas historiques de plus de 324 forint en séance la semaine dernière.

"Beaucoup de choses peuvent encore se passer (...) mais pour l'instant, nous estimons que le gouvernement s'est vraiment engagé dans un changement de position", souligne Gabor Török, directeur de Vision politics, société d'analyse politique réputée dans le pays. Il n'a pas trop le choix, étant donné la "situation critique" que traverse la Hongrie, ajoute-t-il.

"Je pense qu'il faudra bien attendre la fin de février pour qu'un accord soit signé", estime de son côté Gergely Suppan, analyste à la Takarekbank, filiale de l'allemande DZ bank. "L'idéal serait un accord portant sur trois ans, avec des tranches de 5 milliards", donc 15 milliards au total, selon lui.

Le pays ne peut plus faire appel aux marchés, les taux obligataires ayant atteint des niveaux impraticables, autour de 10%. Il a vu sa note souveraine rétrogradée dans la catégorie des investissements spéculatifs par les trois grandes agences de notation anglo-saxonnes, Fitch ayant été la dernière à franchir le pas vendredi.

Le gouvernement a perdu sa crédibilité en mettant en oeuvre une politique économique non conventionnelle, faites de mesures ponctuelles -tels que des impôts exceptionnels ou encore la nationalisation des fonds de retraite privés-, mais sans réformes de fond. Sa politique a entraîné le plongeon du forint et la hausse des taux obligataires ces derniers mois, ce qui a dans la foulée plombé les finances publiques.

La dette, qui s'élevait encore à 76,7% du produit intérieur brut fin juin, a ainsi grimpé à 82,6% fin septembre, selon les derniers chiffres de la banque centrale. Et le ministère de l'Economie a fait état lundi d'un déficit de l'Etat deux fois plus important que prévu à l'origine en 2011 et de 10% supérieur à la dernière révision.

Le pays a déjà bénéficié d'un prêt de 20 milliards d'euros du FMI, de l'Union européenne et de la Banque mondiale en 2008, qui lui avait permis d'échapper à la banqueroute. Mais à son arrivée au pouvoir au printemps 2010, Viktor Orban avait jugé ne plus en avoir besoin et avait renoncé à la dernière tranche de 6 milliards.