Les loyers vont-ils continuer à baisser en 2012?

IMMOBILIER Si l’année 2011 a confirmé un net ralentissement des prix pour les nouveaux locataires au niveau national, les disparités persistent et 2012 pourrait réserver de mauvaises surprises...

Claire Planchard

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Une agence immobilière à Nantes, le 10 octobre 2011.
 
Une agence immobilière à Nantes, le 10 octobre 2011.   — SALOM-GOMIS

 Ne pas se réjouir trop vite. Mardi dernier, lors de sa conférence de rentrée, le réseau d’agences immobilières Century 21 annonçait un recul de «1% pour le loyer des appartements au niveau national».

«En 2011, toutes les régions voient leur prix de loyers diminuer ou enregistrer une augmentation inférieure à l’inflation (cette dernière étant estimée à + 2,5%). En d’autres termes, toutes les régions connaissent une baisse du prix des loyers en euros constants», précisait son étude annuelle.

« On a bu tout ce qu’il y avait dans le réservoir »

Principale explication: l’arrivée sur le marché locatif d’un nombre record de nouveaux logements à la faveur du boom de la construction observé entre 2005 et 2009. «Face à ce gros afflux de logements neufs de qualité, les propriétaires bailleurs de logements anciens ont dû faire des efforts non seulement sur le prix mais aussi sur les travaux», explique Sylvain Jutteau, de Century 21.

Le boom de la construction a ainsi contribué à détendre le marché locatif dans nombre de villes moyennes, comme Douai, Rodez ou Angers, ou même dans de grandes villes comme Bordeaux , Lyon ou Marseille.

Mais 2012 pourrait sonner la fin de l’accalmie. «2011 a été l’année de l’absorption des nouveaux logements livrés en 2010 et on a bu tout ce qu’il y avait dans le réservoir. En 2012, cet élan de baisse devrait continuer pendant la première partie de l’année mais sauf tremblement de terre économique, on devrait repartir sur un mouvement de hausse», analyse Sylvain Jutteau. Et au final, les Parisiens pourraient bien ne pas voir la couleur de cet apaisement…

Pas d’accalmie pour les loyers parisiens

En 2011, les locataires de la capitale n’ont pas connu de répit: en l’absence de nouveaux programmes de construction, la pénurie de logements persiste. Les biens remis en location s’arrachent parfois avant même que les agences aient le temps de publier une annonce

Après une légère accalmie en 2010, les prix des loyers ont repris leur progression à des niveaux astronomiques en 2011 (+6.1%). La barre symbolique de 700 euros pour un studio à même été atteinte dans la capitale après une hausse de 9%.

Et l'entrée en vigueur de la nouvelle taxe sur les loyers abusifs des micro-logements supérieurs à 40 euros/m² ne devrait pas changer la donne en 2012: «soit ils vont sortir du marché locatif officiel pour une location de la main à la main ou bien ils vont être réintégrer dans le relationnel pur pour loger des amis ou de la famille» estime Sylvain Jutteau.

«En Ile-de-France on est globalement à l’abri d’un écroulement des prix mais il faut bien distinguer les biens qui sont loin de tout (transports, écoles, services) pour qui les prix pourront avoir une tendance très nette à stagner ou à diminuer», modère toutefois Bernard Cadeau, le président du réseau Orpi. Faible lueur d’espoir.