La TVA sociale se fera «avant la présidentielle»

POLITIQUE Valérie Pécresse, ministre du Budget l'a indiqué ce mardi matin, tout comme le ministre du Travail, Xavier Bertrand...

B.D. avec Reuters

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Valérie Pécresse à l'Elysée, en juin 2011.
Valérie Pécresse à l'Elysée, en juin 2011. — FACELLY/SIPA

La TVA sociale verra le jour en France avant l'élection présidentielle du printemps, a déclaré ce mardi la ministre du Budget, Valérie Pécresse. Le principe d'une augmentation ciblée de la TVA pour financer la protection sociale a été évoqué par Nicolas Sarkozy lors de ses voeux.

«La TVA sociale, nous allons la faire et nous allons la faire avant l'élection présidentielle», a dit Valérie Pécresse, également porte-parole du gouvernement, sur France Info. Cette TVA sociale, critiquée à la fois par l'opposition et les syndicats, qui y voient une nouvelle atteinte au pouvoir d'achat de consommateurs déjà durement touchés par la crise, sera débattue lors du sommet social prévu à l'Elysée le 18 janvier, a-t-elle précisé.

«C'est l'intérêt de notre pays»

Le but du gouvernement est d'alléger par des taxes sur la consommation les charges pesant sur le travail pour favoriser l'emploi. Il s'agirait notamment de taxer les importations, a dit ce mardi sur France 2 le ministre du Travail, Xavier Bertrand. A la question de savoir si cette TVA sociale serait bien mise en place, il a répondu: «Oui, parce que je pense que c'est l'intérêt de notre pays, c'est l'intérêt des emplois.»

«Aujourd'hui, sur 100 euros de salaire brut, en Allemagne, vous avez un coût qui est de 39 euros pour les charges. En France, c'est 50 euros», a fait valoir le ministre du Travail. «Je préfère de beaucoup que les importations, qui ont pendant longtemps pénalisé le financement de la protection sociale, financent aujourd'hui la protection sociale.»

Une mauvaise idée, selon la gauche

Pour l'opposition, la TVA sociale est une mauvaise idée car elle pénalise le pouvoir d'achat et menace ainsi la croissance. Lundi, le Parti socialiste et le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, avaient manifesté leur hostilité au projet. «Nous ne la ferons pas», a réaffirmé ce mardi sur Europe 1 Pierre Moscovici, le directeur de campagne de François Hollande. «Il y a un côté oxymore, une contradiction dans les termes. L'augmentation de la TVA, ça ne peut pas être social.»

Les syndicats partagent largement l'hostilité du PS envers cette mesure. «La TVA sociale ou antidélocalisations, c'est un serpent de mer, c'est de la TVA», a ainsi déclaré ce mardi sur RTL Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière. «Qu'on le veuille ou non, si ce débat a un sens, il a un sens au niveau de la zone euro.» Impôt indirect sur la consommation, la TVA peut être déterminée librement à l'échelon national à condition que son taux normal soit supérieur à 15% et n'excède pas 25%, stipule la réglementation européenne.