Crise: Que va nous réserver 2012?

ECONOMIE Un casse-tête pour les économistes. Il n'aura jamais été aussi compliqué de prévoir les événements d'une année sur l'autre qu'en cette fin 2011. Une chose est sûre, il est certain que la crise de la dette ne sera pas résolue en 2012...

Bertrand de Volontat

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Les marchés financiers ont poursuivi leur rebond jeudi, revigorés par la baisse surprise du taux directeur de la BCE et la perspective d'une annulation du référendum en Grèce, mais restaient prudents en guettant des informations en provenance du G20 à Cannes.
Les marchés financiers ont poursuivi leur rebond jeudi, revigorés par la baisse surprise du taux directeur de la BCE et la perspective d'une annulation du référendum en Grèce, mais restaient prudents en guettant des informations en provenance du G20 à Cannes. — Arne Dedert afp.com

- Sortir du marasme: L’objectif premier pour la zone euro est de casser le cercle vicieux de l’endettement des Etats pour récupérer la confiance des investisseurs. Le nouveau traité européen, décidé à Bruxelles en décembre, a l’obligation de créer un électrochoc, en renforçant la discipline budgétaire des pays de la zone euro et de l’Union européenne

La mise en place à l’été 2012 du Mécanisme Européen de Stabilité doit permettre d’apporter des liquidités suffisantes pour soulager certains pays asphyxiés par le niveau de leur dette et qui ont le plus grand mal à emprunter sur les marchés.

- Les marchés boursiers: Du traité européen et des décisions des politiques pour la zone euro dépendront l’évolution des marchés boursiers. Certains observateurs voient la crise financière s’estomper à la fin du premier trimestre tandis que d’autres envisagent un CAC 40 à hauteur de 2.000 points contre 3.133 points aujourd’hui. Le ministre allemand des Finances appelle à plus de calme pour rassurer les investisseurs à long terme. L’entrée en bourse de Facebook notamment pourrait aider à booster les marchés actions.

- Croissance ou récession: La zone euro va probablement entrer en récession et la question de la contagion de la crise en 2012 est posée. Si les pays émergents – notamment le Brésil, nouvelle sixième puissance mondiale – seront les acteurs majeurs d’un éventuel refinancement de la zone euro, ils pourraient toutefois être également touchés par la crise. Les premiers signes de ralentissement économique et industriel se sont fait sentir dans les Brics (Brésil, Inde, Russie, Chine, Afrique du Sud). 

Les Etats-Unis, dont la consommation remonte, pourraient aussi être une victime collatérale. Si la zone euro n’éclatera pas l’an prochain (à moins qu’un gouvernement se retrouve en défaut de paiement), la vraie question est de connaître la longueur et la force de cette récession.

L'Institut de la finance internationale (IIF) voit ainsi la zone euro en franche récession en 2012. Il estime que l'économie de la zone euro devrait se contracter de 1% l'an prochain, après avoir connu une croissance de 1,5% en 2011.

L'IFF se montre ainsi beaucoup plus pessimiste que l'OCDE (+0,2%), la Banque centrale européenne (+0,3%), la Commission européenne (+0,5%) ou le consensus des analystes compilé par l'agence Bloomberg (+0,5%). Le Fonds monétaire international table encore sur +1,1%, mais ses dirigeants ont admis qu'ils allaient devoir ajuster leurs anticipations.

Au niveau mondial, l'IIF table sur une croissance de 2,8% en 2012 et de 3,7% en 2013, grâce à un rebond généralisé de l'activité en Europe.

- Le gouvernement français trop optimiste: Côté français, le gouvernement table sur 1% de croissance et un déficit public de 4,5% du PIB (qui ne sera pas atteint selon les économistes). Trop optimiste rétorquent nombre d’économistes. L’OFCE anticipe une croissance négative de 0,2% avec un taux de chômage de 10,7% à la fin de l’année contre 9,3% actuellement. Dans ce contexte, selon l’organisme, le gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, ne pourra pas faire l’économie d’un nouveau plan de rigueur s’il souhaite tenir son engagement d’un déficit budgétaire de 4,5%.