Les événements économiques marquants de 2011

RETROSPECTIVE C'est le moins que l’on puisse dire, l'économie aura été au centre de toutes les attentions en 2011. Retour sur douze mois très mouvementés avant de rentrer de plain-pied dans une année 2012 pleine d'incertitudes...

Bertrand de Volontat et Mathieu Bruckmüller

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CORRECTION CREDIT IN CAPTION AND BYLINE La crise de la dette à laquelle l'Europe fait face n'a pas été surmontée en dépit des mesures engagées par les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro, prévient le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet dans une interview
CORRECTION CREDIT IN CAPTION AND BYLINE La crise de la dette à laquelle l'Europe fait face n'a pas été surmontée en dépit des mesures engagées par les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro, prévient le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet dans une interview — John Thys afp.com

3 janvier: Le scandale Renault. Des soupçons d’espionnage industriel pesant sur trois employés se révélant être faux sabordent l’image du constructeur français et de son président, Carlos Ghosn. Malgré le poids de l’affaire, il reste en poste. Les trois licenciés à tort seront dédommagés tandis que la marque au losange se dit victime d’une escroquerie au renseignement..

14 janvier: Crise de la dette: décotes et menaces de décote en Europe. La dette de la Grèce passe en «junk» ou «pourrie» chez Fitch Ratings, la dernière agence qui ne l’avait pas encore classé dans cette catégorie. Sa note passe de BBB- à BB+ et le pays se retrouve sur la liste des émetteurs spéculatifs.

25 février: Le lancement de la valse des Premiers ministres dans la zone euro. Le premier chef de gouvernement à quitter son poste du fait de la crise européenne est Irlandais et s’appelle Brian Cowen. Le dernier, mi-décembre, José Luis Zapatero, est Espagnol. Entre temps, le portugais Socrates, le Grec Papandréou et l’Italien Berlusconi prendront tous la porte de leur gouvernement. Un coup de balai qui doit porter ses fruits. Les remplaçants dans l’ordre se nomment Enda Kenny, Pedro Passos Cuelho, Lucas Papademos, Mario Monti et Mariano Raroy.

14 mai: La chute de DSK. L’ex-patron du Fonds monétaire international (FMI) est interpellé pour agression sexuelle. Le scandale de l’année tombe au pire moment pour une institution qui tente d’épauler les Etats européens en prise avec une crise économique sans précédent. La Française Christine Lagarde, alors ministre des Finances, prend le relai début juin avec cette lourde tâche. L’image du FMI ne sera finalement que peu affectée par cette histoire. 

15 mai: Le mouvement des Indignés de la Puerta del Sol à Wall Street. En réaction à la hausse du chômage, des milliers de jeunes Espagnols se sont réunis pour s’indigner de la situation générée par la crise. Le mouvement sera repris à New York avec «Occupy Wall Street» contre les banquiers et les financiers qui reprennent leur rythme de vie d’avant 2008 pendant que la crise sévit sur «Main Street». C’est la naissance des fameux 1% contre les 99% restants de la population. Les Indignés de la City à Londres et également à Paris, dans une moindre mesure, suivront. Les mouvements seront dispersés à l’automne avec le sentiment que les choses n’ont pas bougé. Mais une nouvelle forme de contestation s’est fait entendre.   

16 juin: Le départ d’Anne Lauvergeon d’Areva. «Atomic Anne» contrainte de quitter Areva est remplacée par Luc Oursel. Les mauvais résultats de l’industriel français et l’épisode Fukushima sont la cause principale du départ d’Anne Lauvergeon, en poste depuis 1999, ainsi que ses relations devenues délicates avec l’Elysée et Henri Proglio, le PDG d’EDF.

21 juillet: Le sauvetage de la Grèce. Les banques ont accepté de radier 50% de leurs obligations grecques. Ce sauvetage ne signe pas la fin des problèmes de la zone euro. L’entente conclue entre les membres de la zone, la Grèce et le FMI n’est qu’un début. Il s’agit du deuxième plan d’aide – le premier datait de mai 2010 – à la Grèce et il s’élève à 158 milliards d’euros.

5 août: La décote des Etats-Unis à la suite du débat sur le plafond de la dette. Le 6 août dernier, les Etats-Unis perdaient leur triple A auprès de l’agence de notation Standard & Poor’s. Une première en près de 70 ans. L’agence a sanctionné la durée et le manque d’accord satisfaisant sur le déficit public américain entre l’administration Obama et le Congrès, majoritairement républicain. Cet abaissement est contesté par le gouvernement et, hasard, le PDG de l’agence, Deven Sharma, quitte son poste le 23 août. Les agences de notation deviennent le nouvel épouvantail du capitalisme moderne.

10 août : L’effondrement des marchés boursiers. Le mois cauchemar pour les Bourses mondiales qui, prises de panique face à la crise de la zone euro, voient, dans un climat alimenté par la rumeur – notamment autour de la Société générale – les investisseurs déserter et leur cours s’effondrer. Ces semaines de chute libre déstabilisent la micro et macroéconomie européenne aux troisième et quatrième trimestres.

5 octobre: La mort de Steve Jobs, ex-patron d’Apple. Le décès du créateur remet en cause l’avenir d’une des marques les plus puissantes au monde. Si Apple ne sera plus la même sans son père, elle devra garder une ligne de conduite élevée pour ne pas laisser ses concurrents refaire leur retard sur elle. La marge est encore grande mais tout va très vite dans l’univers des technologies. iPad 3et iPhone 5, les beaux projets sont déjà là pour 2012.

10 octobre: Les tuiles de RIM et de son Blackberry. Deux pannes de messagerie électronique dans l’année, dont une en octobre dernier de quatre jours, puis la sortie du BB10 repoussée d’un an. La marque qui concurrençait il y a quelques temps Apple sur le marché des Smartphones est aujourd’hui proche de la fin. Avec une action en chute libre à la Bourse de Toronto, le constructeur canadien doit se restructurer en 2012.

5 octobre: Dexia, première banque européenne victime de la crise. La banque franco-belge est démantelée. La banque va être coupée en deux après 15 ans d’existence. Elle est le premier établissement bancaire victime de la crise et qui crée sa «bad bank» pour y loger ses actifs toxiques.  

13 octobre : Cinquième avertissement sur les résultats de Carrefour et son patron sur la sellette. Le deuxième distributeur mondial – derrière l’américain Walmart – a présenté des chiffres semestriels en chute de près de 25%. Et le titre en bourse a perdu 50% de sa valeur en 2011. Lars Olofsson, le PDG, pourrait prendre la porte si les résultats affichés au quatrième trimestre ne sont pas meilleurs. Sans compter que Leclerc met la pression, avec des résultats dans le vert.

1er novembre: Le départ de Jean-Claude Trichet de la présidence de la BCE. Le Français est remplacé par «Super Mario» Draghi, un ancien de la banque Goldman Sachs, qui n’aura pas eu de concurrence, si ce n’est l’Allemand Axel Weber pendant un moment avant que celui-ci ne soit lâché par Angela Merkel. L’Italien arrive à son poste à un moment clé pour la BCE dont le rôle est discuté, non pas comme institution de l’UE, mais quant à son intervention ou non dans le rachat de dettes des pays de la zone euro en difficulté.  

3 novembre : Le retour des plans de restructuration dans l’Hexagone (cf. carte). Le lyonnais Paru Vendu est le porte-drapeau de ces plans en étant le plus important de l’année. L’éditeur mis en liquidation judiciaire a dû licencier 1.650 employés. Les secteurs bancaire et automobile (PSA) mais aussi industriel (Areva) ont aussi annoncé des plans de restructuration majeurs, signe fort que la crise économique est profonde en France. 2012 devrait voir une partie de ces plans exécutés sur fond d’augmentation du chômage.

5 décembre: Le triple A français menacé. C’était dans l’air tout au long du semestre, et S&P a fini par émettre une menace et un placement sous surveillance négative en compagnie de cinq autres pays de la zone euro. Pour protéger son triple A, la France a mis en place deux plans de rigueur pour atteindre un déficit budgétaire de 3% en 2013 contre 5,7% aujourd'hui.

9 décembre: Le Royaume-Uni ou l'île isolée. A la suite de son refus du nouveau traité de l’UE entériné à Bruxelles par les 26 autres pays, le Royaume-Uni se retrouve plus isolé que jamais. Déjà absent de la zone euro depuis son lancement, sa présence au sein même de l’Union européenne est remise en cause. Le Premier ministre David Cameron, bloqué par les eurosceptiques au sein de son propre parti, doit en plus faire face à une situation économique et à une dette publique en chute libre.

21 décembre: Le prêt de 500 milliards de la BCE aux banques européennes. Premier grand fait d’armes de Mario Draghi: un prêt de 489 milliards d’euros sur trois ans au taux de 1% à 523 banques de la zone euro. Une opération inédite sécurisant le financement par les banques pour les prochains mois. Sauf que ces mêmes banques se sont précipitées pour déposer près de 452 milliards auprès de la BCE, le 29 décembre, rémunérés à 0,25%. Pas sûr que cela soit la meilleure solution pour relancer l’économie européenne…