Le poisson va-t-il coûter moins cher?

M.B.

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Chalutiers et filets dans le port de pêche de Port-en-Bessin, dans le Calvados.
Chalutiers et filets dans le port de pêche de Port-en-Bessin, dans le Calvados. — GILE MICHEL/SIPA

En apparence la disparition de la «taxe poisson» est enfin une bonne nouvelle pour les consommateurs qui vont faire face à compter du 1er janvier à une valse d’augmentations liées aux deux plans de rigueurs présentés par le gouvernement au cours du deuxième semestre (taxe sur les sodas, l’alcool et le tabac ; passage de 5,5% à 7% de la TVA dans la restauration, sur les plats à emporter, les transports…).

Mise en place en novembre 2007, à la suite du mouvement de grève des marins-pêcheurs, afin de compenser la hausse du prix du baril de pétrole, cette taxe est perçue, jusqu’à samedi, à hauteur de 2% sur la vente des produits de la mer dans les ports (excepté les huîtres et les moules), sauf pour les mareyeurs dont l'activité est de faible importance.

Depuis 2008, elle a rapporté chaque année à l'Etat environ 70 millions d'euros, qui ont été permis d’alimenter un fonds d’aide à destination des marins-pêcheurs.

«Les prix ne baisseront pas »

Début 2009, la Fédération du commerce et la distribution (FCD) avait introduit un recours à Bruxelles pour l’annulation de cette taxe, au prétexte qu'il n'est pas «normal que le consommateur paie 2% de plus son poisson alors même que les prix du pétrole et du gasoil ont chuté».

Selon l’exécutif, la suppression  de cette taxe va donc permettre de dynamiser l'achat de ces produits par les consommateurs. Un vœu pieux? C’est fort probable.

«Les prix ont énormément fluctué depuis 2008. Lors de l’instauration de la taxe, certaines enseignes ont choisi de la répercuter intégralement sur les clients. D’autres partiellement, voire pas du tout. En réalité, ce qui fait bouger les prix, ce n’est pas la taxe mais plutôt la quantité de denrées disponibles», selon la FCD interrogée par Le Parisien ce jeudi.

«La demande est tellement forte cette année que les prix ne baisseront pas», affirme, dans les colonnes du quotidien, Georges Dachicourt, président du Comité national des pêches maritimes.