Malgré la crise, les Français n’ont pas lésiné sur les dépenses de Noël

ECONOMIE Les distributeurs ont de quoi avoir le sourire...

M.B.

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Une cliente règle ses achats dans un supermarchés, le 7 décembre 2010.
Une cliente règle ses achats dans un supermarchés, le 7 décembre 2010. — DURAND FLORENCE/SIPA

L’inconnue était de taille. Malgré l’entrée en récession de l’économie, la hausse du chômage et la perte annoncée du «AAA», les consommateurs allaient-ils répondre présent pour Noël? Il semble bien que oui. De nombreux commerçants et distributeurs ont pu pousser un gros ouf de soulagement après avoir fait le bilan de la semaine dernière, souvent la plus importante de l’année. «Nous étions, cette année, dans l’incertitude la plus complète», reconnaît Stéphanie Bourguignat, directrice du Virgin Megastore d’Avignon (Vaucluse). A l’arrivée, la bonne surprise était au rendez-vous avec un chiffre d‘affaires supérieur à celui de l’an dernier à l’instar des autres magasins de l’enseigne. 

Calendrier favorable

Outre un ciel clément, la profession a bénéficié d’un calendrier favorable avec six jours ouvrés de rang avant le 25 décembre. Au Virgin d’Avignon, les cartes cadeaux ont été très demandées, tout comme les produits numériques. Parmi eux, l’iPad a connu un gros succès avec rupture de stocks à la clé. Stable, le panier moyen est ressorti à 36 euros.

Les Galeries Lafayettes Paris Haussman ont de quoi aussi avoir le sourire. Les ventes du mois de décembre ont enregistré une progression de 7% par rapport à l'année dernière poussées par la bonne fréquentation de la semaine précédant Noël. Signe qui ne trompe pas, la direction espérait accueillir pas moins de 250.000 clients vendredi dernier contre 100.000 en temps normal. Chez les femmes comme chez les hommes, les produits les plus achetés ont été les cachemires. Au rayon jouets, les toupies Beyblade, la licence cars, les Kinras girls de Corolle, les Transformers et les poupées Monster High ont été très demandés.

Au Carrefour EuraLille, le rayon jouet a lui aussi connu franc succès. «Les parents n’ont pas lésiné sur les dépenses pour faire plaisir aux enfants», constatait le directeur Lilian Gamé, interrogé par 20Minutes la semaine dernière. Côté alimentaire, il anticipait un doublement des ventes pour des produits festifs type saumon fumé ou foie gras.

Contrat rempli chez Leclerc, également. «Il y a eu une très bonne fréquentation des magasins la semaine dernière, avec un chiffre d'affaires en hausse», a estimé le distributeur dans les colonnes du Figaro ce mardi. «Ca s’est plutôt pas mal passé», a-t-on indiqué chez Système U.

Les marques distributeurs privilégiées

Malgré tout, les consommateurs se sont montrés prudents, optant davantage pour les marques de distributeurs. Ils n’ont pas hésité à cuisiner leurs repas de réveillon au détriment des menus traiteurs, déjà préparés.

A la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad), il est encore trop tôt pour faire un premier bilan des ventes de cadeaux par Internet. Selon les anticipations, l’e-commerce devait générer des ventes de 7,4 milliards d’euros entre novembre et décembre 2011 pour un total de 37 milliards d’euros sur l’année contre 31 en 2010.

Début novembre, une étude menée par Deloitte révélait que le budget moyen des Français pour les fêtes de fin d'année était en hausse de 1,9% en 2011, atteignant 606 euros contre 587 euros pour la moyenne des Européens.