Locataires-bailleurs: le rapport de force plus que jamais déséquilibré

LOGEMENT «Le Parisien» a recueilli un témoignage prouvant une nouvelle fois que les locataires doivent être prêts à tout pour trouver un logement. La situation doit-elle être encadrée?...

Bertrand de Volontat

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Recherche de logements sur journal particulier a particulier. PAP.
Recherche de logements sur journal particulier a particulier. PAP. — ALEXANDRE GELEBART / 20 MINUTES

Suite aux déclarations de Benoist Apparu, le quotidien Le Parisien revient sur les dérives des relations entre bailleurs et locataires. Le secrétaire d’Etat au logement a notamment déclaré que «bloquer les loyers n'a aucun sens». Il estime qu'une telle mesure pousserait les propriétaires à retirer leurs logements du marché.

Or les exigences des bailleurs, agences ou marchands de listes à l’égard des locataires en recherche de logement, prennent des proportions souvent abusives. Si ces dernières sont souvent prêtes à verser jusqu’à un an de loyer pour faire accepter un dossier jugé faible, les propriétaires en profitent pour imposer des conditions de location qui nécessiteraient d’être encadrées.

Prêts à tout par dépit?

Le vide juridique entourant certaines locations, notamment les appartements meublés, entraîne un déséquilibre entre les chercheurs dans l’urgence et les bailleurs sans scrupules. Si le sujet n’est pas nouveau, la crise économique actuelle met en exergue l’insanité des rapports entre les deux parties. «La relation est très déséquilibrée dans une période où les prix n'ont jamais été aussi élevés, explique Jean Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit Au Logement. Le problème de fond reste l'appât du gain.» 

Le témoignage recueilli par le quotidien explique que les dossiers de ceux dont les revenus ne sont pas assez élevés et qui ne correspondent pas à trois fois le loyer demandé - il s’agit ici en l’occurrence pourtant d’un CDI à 1.700 euros net par mois -, et qui ne disposent pas de garants suffisants, cherchent en vain.

Si les bailleurs tentent de sécuriser au mieux leur investissement afin d’éviter toute déconvenue, leur peur débouche sur un blocage qui pousse les demandeurs à accepter ou proposer des conditions encore plus désavantageuses au regard de leurs revenus et situation financière - notamment pour les étudiants.

Il reste ensuite la possibilité de passer par une agence de location, souvent coûteuse, et qui n’arrange en rien financièrement les locataires qui doivent de surcroît avancer un, voire deux ou trois mois de loyer pour leur caution (régulièrement encaissée).

Les demandeurs de location doivent toutefois bien trouver un toit pour se loger et l’attente est de plus en plus longue. A force d’échecs, ils finissent par se soumettre par dépit et obligation. Quitte à payer des sommes décollées de la réalité économique d’un marché du logement pourtant déjà haussier.

Adil 75, l’agence départementale d’information sur le logement à Paris, a ainsi recensé les nouvelles pratiques abusives soumises par les bailleurs ou les marchands de listes. Un document de 42 pages... «Les réseaux d'agences doivent encadrer leur profession» afin d'éviter l'intrusion d'acteurs non autorisés mais auto-proclamés labélisés agences.

Durant cette période spéculative, la nécessité de quadriller légalement et/ou juridiquement les loyers se fait donc ressentir plus que jamais en France et le débat pourrait faire son apparition dès le printemps lors des élections présidentielles. «Il faut encadrer les loyers et taxer les transactions. La France des rentiers ne marche pas», conclut le porte-parole.  

>> Et vous, quelles conditions extravagantes vous ont déjà été imposées? Avez-vous déjà accepté des propositions qui vous mettaient en difficultés financièrement alors que vous ne pouviez déjà pas vous le permettre? Votre dossier de location a-t-il déjà été jugé faible par votre bailleur alors qu’il était convenable ? Témoignez pour  «20 minutes» dans les commentaires ci-dessous.