Le gouvernement français est contre un encadrement des loyers

ECONOMIE Le secrétaire d'Etat au Logement juge la mesure inefficace...

Avec agences

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Benoist Apparu, le secrétaire d'Etat au Logement, le 3 mai 2010 dans les locaux de 20 minutes à Paris.
Benoist Apparu, le secrétaire d'Etat au Logement, le 3 mai 2010 dans les locaux de 20 minutes à Paris. — S.ORTOLA/20MINUTES

Le gouvernement français refuse d'encadrer les prix des loyers et de réquisitionner les logements vides car il juge ces mesures inefficaces ou contraires au droit de propriété, a dit lundi le secrétaire d'Etat au Logement Benoit Apparu.

3,6 millions de mal logés

Il s'exprimait au moment de nouvelles manifestations des associations pour davantage de moyens en faveur du logement d'urgence. Selon ces dernières, la pauvreté s'aggrave alors que les prix flambent et le pays compte désormais 3,6 millions de personnes pas ou mal logées, dont 133.000 sans-abri, selon le rapport 2011 de la Fondation Abbé Pierre.

Benoit Apparu préconise de construire. «La seule solution si on veut résoudre le problème du mal-logement qui est essentiellement concentré en Ile-de-France c'est de produire plus de logements, ce n'est pas de chercher à bloquer les loyers, chercher à réquisitionner, ce sont des fausses bonnes solutions», a-t-il dit sur France 2.

En 2011, selon lui, la barre des 400.000 logements construits devrait être dépassée.

Il s'oppose à la solution préconisée par les candidats de gauche à la présidentielle. «Bloquer les loyers, ça n'a aucun sens», a-t-il poursuivi. Il estime qu'une telle mesure pousserait les propriétaires à retirer leurs logements du marché.

Pas de réquisition des logements vides

Il ne pense pas non plus, comme le proposent les associations, à réquisitionner les logements vides, qui se comptent par milliers, voire par dizaines de milliers à Paris. «Je n'y crois pas parce que le droit de propriété, ça veut dire quelque chose en France, c'est un droit qui est reconnu sur le plan constitutionnel», a-t-il dit.

Il ne pense pas que ce droit doive s'effacer devant celui à un logement, en principe garanti par la loi «Dalo», votée sous le dernier mandat Chirac et qui permet aux personnes pouvant payer et se voyant refuser un logement de poursuivre l'Etat devant les tribunaux.

«Essayons de respecter les deux droits sans les opposer l'un et l'autre», a-t-il dit.

Le secrétaire d'Etat a enfin contesté les chiffres donnés par la Ville de Paris, qui parle d'une baisse des crédits d'Etat du Samu social cette année. Benoit Apparu, parlant d'un «gros mensonge» du maire socialiste de Paris Bertrand Delanoâ, a déclaré: «Evidemment, le budget du Samu social augmentera cette année».

>>Et vous, êtes vous pour ou contre un encadrement des loyers et la réquisition de logements vides? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous...