La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a estimé lundi que la crise européenne de la dette représentait un risque pour "toutes les économies du monde", au cours d'une visite au Nigeria, sa première en Afrique.
La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a estimé lundi que la crise européenne de la dette représentait un risque pour "toutes les économies du monde", au cours d'une visite au Nigeria, sa première en Afrique. — Steve Jaffe afp.com

Économie

La crise en Europe, un risque pour «toutes les économies du monde» selon Lagarde

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a estimé lundi que la crise européenne de la dette représentait un risque pour «toutes les économies du monde», au cours d'une visite au Nigeria, sa première en Afrique.

"Ce qui se passe dans les économies avancées, en particulier en Europe, est évidemment une source d'inquiétude pour tout le monde actuellement", a-t-elle déclaré lors d'un entretien avec le président du Sénat nigérian, David Mark.

"En raison de la gravité de la crise et des difficultés des Européens à y faire face, la crise aura des répercussions dans toutes les économies du monde", a mis en garde Lagarde, ont constaté des journalistes.

Elle a estimé que les pays plus pauvres, en particulier ceux dépendant fortement d'investissements et d'échanges commerciaux européens, devaient se préparer à faire face à d'éventuelles difficultés.

"Ce que nous disons aux économies en développement c'est faites attention à ce qui se passe dans les économies avancées à l'heure actuelle", a-t-elle expliqué.

"Assurez-vous que vous avez suffisamment de réserves, suffisamment de résistance, suffisamment de protections pour faire face (...)", a poursuivi Lagarde qui s'était entretenue dans la matinée avec le président nigérian Goodluck Jonathan.

Les ministres des Finances de la zone euro devaient avoir lundi après-midi une conférence téléphonque. L'un des principaux objectifs est d'avancer sur les contributions européennes envisagées au FMI, afin que ce dernier puisse ensuite aider la zone euro.

Lors du dernier sommet européen les 8 et 9 décembre, la zone euro et d'autres pays de l'UE ont dit vouloir renflouer le FMI à hauteur de jusqu'à 200 milliards d'euros sous forme de prêts bilatéraux. Ils s'étaient donnés dix jours pour donner des précisions sur cette opération.

Evoquant la menace de la crise pour les pays en développement, Lagarde a expliqué que le FMI tentait actuellement "de comprendre quelles sont les connexions et à quel degré les pays peuvent être inter-connectés".

"Ce que nous observons c'est une croissance en panne dans les économies avancées avec une récession potentielle dans certains pays de l'Union européenne, notamment mon pays (la France) bien sûr, et des canaux de contagion qui peuvent être différents", a-t-elle poursuivi.

Lagarde en a cité trois: les finances, le commerce et l'investissement direct étranger.

A l'issue de son entretien avec le président Jonathan, Lagarde s'est dite "impressionnée" par les projets de réformes économiques du gouvernement nigérian.

La directrice du FMI est arrivée dimanche au Nigeria, nation la plus peuplée d'Afrique et premier producteur de pétrole du continent. Elle est attendue mardi dans la capitale économique Lagos pour participer à un forum sur l'avenir de l'Afrique avant de partir pour le Niger voisin.

Un responsable du FMI a précisé lundi à l'AFP qu'elle prévoyait également de se rendre en Afrique du Sud dans les prochaines semaines.

Le développement du Nigeria, une ex-colonie britannique, est freiné par la corruption et la mauvaise gestion depuis des décennies, en dépit de vastes richesses pétrolières.

Le gouvernement cherche à mettre en place des réformes, dont une mesure très controversée qui conduirait à la hausse du prix des carburants et devant permettre d'investir davantage dans des infrastructures.