Une carte de crédit ? Oui, juste un doigt

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SAN FRANCISCO

De notre envoyée spéciale

Payer avec son doigt, plutôt qu'avec sa carte de crédit. Alors que l'office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques dressait hier un bilan mitigé de la biométrie en France, une entreprise fait un carton aux Etats-Unis. Depuis 2004, Pay By Touch a équipé plus de 2 000 magasins et stations-services. Avec un principe simple : un capteur reconnaît l'empreinte digitale du client, qui n'a plus besoin d'avoir ses moyens de paiement sur lui. « Finis les risques de perte, de vol et de fraude », explique Tara Rayder, directrice marketing.

La société envisage de s'implanter en France, après une entrée réussie sur le marché britannique. Mais elle devra affronter une plus grande méfiance envers la biométrie, deux fois plus présente en Amérique du Nord qu'en Europe. « Les commandes administratives (passeports, cartes d'identité, etc.) sont plus développées que les marchés grand public », confirme Bernard Didier, du groupe Sagem-morpho. Et pour cause, en France, tout projet nécessite l'autorisation de la Commission nationale de l'informatique et des libertés. Or si celle-ci a accepté une identification par empreinte digitale pour les agents travaillant dans des zones de sûreté d'Aéroports de Paris, elle a estimé ce système « disproportionné » pour la préfecture de l'Hérault, qui voulait s'en servir pour faire pointer ses agents.

Angeline Benoit