La zone euro cernée par les agences de notation

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Avec le renfort de Fitch qui a menacé vendredi soir les notes de la dette de plusieurs pays de la zone euro, les trois grandes agences de notation mettent désormais une pression maximale sur l'Europe, dont plusieurs pays avancent résolument vers la récession.
Avec le renfort de Fitch qui a menacé vendredi soir les notes de la dette de plusieurs pays de la zone euro, les trois grandes agences de notation mettent désormais une pression maximale sur l'Europe, dont plusieurs pays avancent résolument vers la récession. — Jean-Paul Pelissier afp.com

Avec le renfort de Fitch qui a menacé vendredi soir les notes de la dette de plusieurs pays de la zone euro, les trois grandes agences de notation mettent désormais une pression maximale sur l'Europe, dont plusieurs pays avancent résolument vers la récession.

Les pays de l'union monétaire, qui naviguent de sommet en sommet pour tenter de résoudre la crise de la dette, sans réellement convaincre les marchés financiers, feraient bien de se préoccuper de leur croissance, a estimé samedi sur la radio française BFM Business le chef-économiste de Standard & Poor's, Jean-Michel Six.

"Il y a encore une prise de conscience plus forte qui doit se faire" sur la nécessité de s'occuper de la croissance, a déclaré M. Six.

"Une stratégie de retour à la croissance, qui doit forcement contrebalancer le redressement des finances publiques, c'est vraiment les deux jambes sur lesquelles l'Europe doit arriver à marcher", a ajouté M. Six.

L'Italie, un des pays les plus exposés au feu du marché en raison des craintes sur sa dette souveraine, a formellement adopté vendredi soir à la chambre des députés le plan de rigueur du chef du gouvernement Mario Monti, composé de mesures de réduction du déficit d'environ 20 milliards d'euros d'ici à 2014 et de mesures de relance de plus de 10 milliards.

"Il y a une chance très élevée que la zone euro connaisse une récession plus grave que celle que nous avons dans notre scénario de base. Nous estimons à 40% les chances d'une récession vraiment sévère qui se traduirait par une année de baisse d'activité au lieu d'un semestre", a rappelé l'économiste de S&P.

Les trois agences sont désormais d'accord pour estimer que la situation est suffisamment grave pour faire planer au dessus de plusieurs pays la menace d'un abaissement très rapide.

Vendredi soir, Fitch a placé sous surveillance l'Espagne, l'Italie, la Belgique, la Slovénie, Chypre et l'Irlande. Cela signifie qu'elle pourrait baisser la note de ces Etats d'ici la fin janvier.

Quelques heures plus tard, Moody's a également accablé la Belgique, en décidant d'abaisser sa note de deux crans, à "Aa3", ce qui maintient tout de même le royaume dans la catégorie des émetteurs de dette de bonne qualité.

Moody's prévoit par ailleurs de revoir les notes des pays de la zone euro et de l'UE au premier trimestre 2012.