Italie: feu vert à l'austérité sur fond de récession européenne

© 2011 AFP

— 

Le gouvernement italien a remporté vendredi un vote de confiance qui ouvre la voie à un premier feu vert des députés à son plan d'austérité destiné à mettre le pays à l'abri de la crise de la dette, au moment où il s'apprête à entrer en récession comme le reste de la zone euro
Le gouvernement italien a remporté vendredi un vote de confiance qui ouvre la voie à un premier feu vert des députés à son plan d'austérité destiné à mettre le pays à l'abri de la crise de la dette, au moment où il s'apprête à entrer en récession comme le reste de la zone euro — Filippo Monteforte afp.com

Le gouvernement italien a remporté vendredi un vote de confiance qui ouvre la voie à un premier feu vert des députés à son plan d'austérité destiné à mettre le pays à l'abri de la crise de la dette, au moment où il s'apprête à entrer en récession comme le reste de la zone euro.

Ce vote, destiné à accélérer l'adoption de ce plan, composé de mesures de réduction du déficit d'environ 20 milliards d'euros et de mesures de relance de plus de 10 milliards, a été remporté à une écrasante majorité avec 495 voix pour et 88 contre.

Le vote du plan lui-même est attendu dans la soirée, après une intervention du chef du gouvernement Mario Monti devant les députés à 18H00 GMT, mais ne devrait être qu'une formalité.

Le Sénat devrait l'entériner la semaine prochaine, à priori sans encombres.

Hormis le parti populiste de la Ligue du Nord et l'Italie des Valeurs (gauche), les autres partis se sont engagés à voter ce plan, tout en prenant leurs distances des mesures les plus impopulaires notamment celles sur les retraites.

Adoptée le 4 décembre par le gouvernement, cette cure d'austérité, la troisième depuis cet été, impose de lourds sacrifices aux Italiens pour tenir l'objectif de l'équilibre budgétaire en 2013 afin de rassurer les marchés et l'Europe.

L'Italie "a un message à donner à l'Europe", a déclaré Mario Monti qui souhaite que l'UE renforce sa discipline budgétaire comme prévu lors du sommet de Bruxelles la semaine dernière.

Selon un projet de "pacte budgétaire" diffusé vendredi, les pays européens pourraient à l'avenir être autorisés à se poursuivre les uns les autres s'ils n'inscrivent pas correctement dans leur constitution la "règle d'or" de l'équilibre budgétaire.

Après avoir été le seul pays à opposer un veto fracassant au nouveau traité européen, la Grande Bretagne s'est efforcée de revenir dans le jeu en acceptant de participer aux réunions d'experts pour pouvoir peser dans les discussions.

Mais M. Monti a toutefois souligné la nécessité d'une "approche de long terme" prenant en compte la croissance, alors que l'économie italienne a déjà commencé à se contracter, de l'aveu même de Rome.

Car outre l'Italie, le spectre de la récession apparaît dans le reste de la zone euro et notamment en France où l'institut de statistiques Insee prévoit un repli du PIB au quatrième trimestre 2011 et au premier trimestre 2012.

Mais Paris a tenu à assurer, par la voix du ministre de l'Economie François Baroin, que son objectif de réduction du déficit serait tenu cette année, même en cas de récession, et qu'il n'y aurait pas de nouveau plan de rigueur.

L'Irlande, l'une des victimes de la crise de la dette qui bénéficie d'un plan d'aide massif de l'UE et du FMI, a annoncé de son côté avoir accusé un brusque repli de 1,9% de son PIB au troisième trimestre.

Une situation qui inquiète fortement outre-Atlantique. Les "tensions financières en Europe débordent assurément aux Etats-Unis", a déclaré Steven Kamin, directeur de la division Finance internationale de la Fed, la banque centrale américaine.

Après une séance d'hésitations, les Bourses européennes ont fini en baisse, dans un marché toujours sous pression avant un abaissement de la notation des pays de la zone euro, désormais considéré comme inéluctable.

Le nouveau plan de rigueur italien, qui suscite la grogne des syndicats, s'attaque en premier lieu aux retraites en augmentant le nombre d'années de cotisations ou en relevant l'âge de départ des femmes, et prévoit aussi une forte hausse de la fiscalité, en particulier sur l'immobilier.

Des "sacrifices" nécessaires car la seule alternative serait des "sacrifices encore plus graves", a affirmé M. Monti qui a mis en garde plusieurs fois contre un scénario de tragédie grecque pour l'Italie.

La situation est en effet toujours tendue sur les marchés pour le pays qui croule sous une dette colossale d'environ 120% du PIB et a encore dû concéder mercredi des taux record pour emprunter.

Les députés sont toutefois parvenus à amender ce plan notamment en relevant le seuil du gel de l'indexation des retraites sur l'inflation, mais sans modifier son montant.

Dépassant la seule rigueur, cette cure anti-crise contient aussi des mesures destinées à relancer la croissance notamment à travers des réductions d'impôts pour les entreprises embauchant des jeunes et des femmes.