Le gouvernement en pleine opération déminage

Gilles wallon

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Nicolas Sarkozy semble s'être résigné à la perte prochaine du triple A.
Nicolas Sarkozy semble s'être résigné à la perte prochaine du triple A. — M. EULER / SIPA

La fin est annoncée pour bientôt. Depuis le début de la semaine, Nicolas Sarkozy et son gouvernement semblent résignés à une perte prochaine de la note triple A de la France. Le danger, qui menaçait depuis début décembre, s'est rapproché dangereusement ces derniers jours. Selon les experts, la dégradation pourrait advenir avant Noël, voire aujourd'hui, selon l'économiste Albert Gaillard. La baisse de la note aura des conséquences directes sur l'économie du pays, car la France verra très vite ses taux d'intérêt – et sa dette publique – augmenter.

« Eviter la psychose »
Le gouvernement s'évertue donc à déminer le terrain, au prix d'une volte-face sémantique. Loin du ton catastrophiste adopté il y a peu par Nicolas Sarkozy devant des proches – « si on perd le triple A, je suis mort » –, François Fillon a revêtu hier le costume du capitaine face à la tempête. « Il est probable que nous ayons encore a affronter des secousses. Ce qui importe (..), c'est la trajectoire rigoureuse que la France a decidé d'adopter », a déclaré le Premier ministre en déplacement au Brésil. Les deux plans de rigueur conduits par Matignon cet automne avaient pourtant pour but de sauver le triple A. « Les politiques veulent éviter à tout prix la psychose, estime l'économiste Marc Touati. Mais ce qui importe, ce n'est pas tant la dégradation, c'est le nombre de crans que va perdre la France. » Une donnée encore inconnue. Et sur laquelle le gouvernement reste muet.

encore un sommet

Les dirigeants européens devraient se réunir de nouveau en sommet début février, pour avancer sur la rédaction d'un nouveau traité pour l'UE, axé sur plus de rigueur budgétaire. Le sommet de la semaine dernière n'a pas rassuré les marchés.