Wikirating, l'agence de notation communautaire

CRISE Les agences de notation, épouvantails de l'économie mondiale contemporaine, accueillent un petit nouveau qui pourrait fortement leur déplaire...

Bertrand de Volontat
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 La home de Wikirating
 La home de Wikirating — (DR)

Wikirating, agence de notation communautaire suisse en ligne, créée sur le modèle de Wikipédia, offre aux internautes une alternative crédible au monopole obscur du trio Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch. Les fondateurs Dorian Credé et Erwan Salembier, ont un maître mot: la transparence. «Les méthodes de notation sont aujourd’hui complexes, pas transparentes et le pire est qu’elles ont une forte influence à l’échelle mondiale, suivie par les investisseurs», explique Salembier.

Des méthodes de notation transparentes

L’objectif est simple: mettre à disposition de tous de nouvelles méthodes transparentes et neutres de notation des pays (avec le sovereign Wikirating index) et des sociétés (corporate Wikirating index),  que les internautes peuvent modifier avec des données chiffrées et actualisées du FMI et de l’OCDE notamment.

A terme, les internautes, particulièrement ceux qui ont un intérêt pour la chose financière, pourront générer leur propre rating avec leurs critères de notation, leurs sources de données, puis les publier.  «Il s’agit de faire prendre conscience que l’activité de notation n’est pas réservée aux ‘spécialistes’ des agences (de credit rating)», analyse Salembier.

Pour l’heure, n’importe quel visiteur peut déjà voter pour attribuer une note aux pays. «Les résultats correspondent assez bien à la réalité économique», se satisfait Salembier. Et la France est gratifiée d’un «BBB-» (voir la liste des pays en ligne)… sombre réalité, qui rappelle que le triple A n’est plus très loin de n’être qu’un souvenir.

Devenir une contrepartie crédible

«Nous ne sommes pas des concurrents  mais nous souhaitons devenir une alternative sérieuse et une contrepartie pour les investisseurs», confesse Salembier.

Ce n’est évidemment pas demain que le monde de la finance se servira de Wikirating pour décider de leurs investissements, mais le site a pour vocation d’offrir une comparaison par rapport à la notation des trois agences alignées. C’est cette trop grande influence qui a poussé dès 2010 les Suisses à se lancer dans le prochain.

La crédibilité des notations en ligne dépendra du nombre d’internautes actifs. Entre 5.000 et 10.000 dans les prochains mois est le premier palier fixé par les deux fondateurs suisses. «Nous nous sommes également tournés vers les universités, les étudiants en master de finance, qui construisent des projets en interne autour du site, et leurs professeurs afin de démocratiser et légitimer notre méthode», conclut Erwan Salembier.  

Wikirating n’a pour l’instant qu’une version anglaise mais a déjà acheté les noms de domaines français, britannique, espagnol, italien et allemand. Le projet veut conserver son indépendance et ne sera pas financé par la publicité.

Le site recherchera en revanche des investisseurs privés (business angels par exemple) si la méthode prend de l’ampleur. Wikirating cherche par ailleurs des volontaires pour développer de nouvelles fonctionnalités techniques et méthodes de notation. 

>> Une plateforme web transparente aux agences de notation vous séduit-elle? Davantage d’initiatives participatives devraient-elles selon vous être mises en place?