Veolia veut céder son activité dans les transports publics

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Aux prises avec une rentabilité érodée et une dette trop lourde, Veolia Environnement a annoncé mardi qu'il allait abandonner son activité dans les transports publics (métro, tramways, etc.) pour se concentrer sur l'eau, les déchets et les services énergétiques
Aux prises avec une rentabilité érodée et une dette trop lourde, Veolia Environnement a annoncé mardi qu'il allait abandonner son activité dans les transports publics (métro, tramways, etc.) pour se concentrer sur l'eau, les déchets et les services énergétiques — Eric Piermont afp.com

Aux prises avec une rentabilité érodée et une dette trop lourde, Veolia Environnement a annoncé mardi qu'il allait abandonner son activité dans les transports publics (métro, tramways, etc.) pour se concentrer sur l'eau, les déchets et les services énergétiques.

«Veolia n'est pas le mieux placé pour assurer un bel avenir à Veolia-Transdev», le tout nouveau groupe de transports fusionné en 2011 avec la Caisse des Dépôts (CDC), a affirmé le PDG de Veolia, Antoine Frérot, lors d'une conférence de presse. «Nous avons donc pris la décision stratégique de rechercher de nouveaux actionnaires pour l'activité transport», a-t-il ajouté. Selon lui, cette activité a «moins de synergies» avec ses autres métiers et demande trop d'investissements.

Trois types de repreneurs potentiels

Veolia-Transdev avait été créé en mars. Veolia et la CDC sont copropriétaires à parts égales (50-50) . «Il y a trois types d'actionnaires qui peuvent être intéressés par cette activité: tout d'abord notre partenaire actuel (la CDC), mais également des investisseurs financiers intéressés par l'activité transport voire même des investisseurs industriels», a détaillé Antoine Frérot. «De premiers contacts ont déjà été pris», a-t-il ajouté.

De son côté, la CDC a réagi dans l'après-midi, indiquant dans un communiqué ne pouvoir «exclure à ce stade aucune option, étant acquis qu’elle est fermement et durablement engagée auprès de Veolia Transdev, et n'a aucun projet de désengagement ni à court ni à moyen terme». L'abandon par Veolia de son activité transport doit être effective d'ici deux ans, date à laquelle le groupe veut avoir terminé son recentrage.

«Ce nouveau Veolia reconfiguré sera apte à renouer avec la croissance et la rentabilité dans le contexte actuel» a assuré Antoine Frérot, PDG du groupe depuis un an. Il opère un changement radical par rapport à la stratégie de son prédécesseur et ancien patron Henri Proglio, parti à la tête d'EDF en 2009 et qui avait multiplié les acquisitions à l'international pour faire grossir Veolia (issu de la Générale des Eaux) tout azimut dans les années 2000, avec une organisation en filiales très décentralisée.

Désormais, l'heure est à la concentration sur quarante pays, contre près du double actuellement. Ainsi, Veolia compte céder aussi ses activités dans le secteur de l'eau régulée au Royaume-Uni et celles dans les déchets solides aux Etats-Unis. La vente de ces deux activités, plus celle de l'activité transports, compteront pour les deux tiers d'un programme de cessions de cinq milliards de dollars prévu sur deux ans.

Veolia concentré sur trois métiers pour réduire sa dette de 3 millions d'euros

«Le nouveau Veolia sera concentré sur trois métiers (eau, déchets, services énergétiques via un partenariat renforcé avec EDF dans Dalkia, NDLR) avec une organisation plus réactive et plus efficace, une flexibilité financière retrouvée et une entreprise positionnée pour saisir des opportunités de croissance rentable», a assuré Antoine Frérot.

Après avoir très bien commencé la séance portée par ces annonces, l'action Veolia Environnement n'a pas réussi à conserver cet élan et s'inscrivait en baisse de 1,85% à 9,35 euros à 16H15 (15H15 GMT) à la Bourse de Paris. Les analystes d'Aurel soulignaient notamment les "incertitudes" sur la bonne exécution des mesures annoncées.

Massacré par les deux avertissements sur résultats lancés depuis l'été, le titre est la plus forte baisse du CAC 40 depuis le début de l'année, avec une chute de 57%. Via ses cessions d'activités et ses réductions de coûts de structure engagées (sans licenciement en France), le groupe compte ramener de 15 à 12 milliards d'euros sa dette d'ici 2014.

En outre, après 2013, il table sur une croissance organique de ses revenus de plus de 3% par an et de plus de 5% de son résultat brut d'exploitation.