Sarkozy inaugure le siège européen de Google au coeur de Paris

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Nicolas Sarkozy a réitéré mardi, en inaugurant le siège de Google France à Paris, sa volonté d'instaurer un minimum de règles sur internet, mais a concédé s'être "trompé" et avoir "crispé" les professionnels et utilisateurs du "web" en parlant de régulation
Nicolas Sarkozy a réitéré mardi, en inaugurant le siège de Google France à Paris, sa volonté d'instaurer un minimum de règles sur internet, mais a concédé s'être "trompé" et avoir "crispé" les professionnels et utilisateurs du "web" en parlant de régulation — Jacques Brinon afp.com

Google a inauguré mardi en plein coeur de Paris, en présence de son président exécutif Eric Schmidt et du président de la République française Nicolas Sarkozy, son nouveau siège pour l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient.

Ce nouveau lieu accueillera également un institut culturel européen et un centre de recherche et développement.

Le géant de l'internet américain a investi plus de 100 millions d’euros dans la création de ce siège pour montrer que "la France devenait ainsi l’un des pays majeurs pour Google", a indiqué le groupe.

Les visiteurs qui entrent dans cet hôtel particulier de 10.000 m2, répartis autour d'une cour arborée, sont accueillis par une photo géante de la tour Eiffel vue de dessous, décorant le plafond du hall. Les employés, d'une moyenne d'âge de 30 ans, évoluent dans des espaces aux couleurs vives et à la décoration à thème métro parisien ou Orient-Express.

Le ton est donné: le géant américain investit la capitale avec des bureaux bénéficiant de l'atmosphère de décontraction et de bien-être que Google a institué dans son siège californien de Mountain View pour que les salariés donnent le meilleur d'eux-mêmes: des zones de jeux, des cuisines où tout est disponible et gratuit pour les googlers et une deux-chevaux rouge qui sert de "salle de réunion".

Un environnement que Nicolas Sarkozy a semblé apprécier lors de la visite guidée que lui a offert Eric Schmidt, disant "qu'il aimerait bien travailler là", mais qu'il ferait sans doute "augmenter la moyenne d'âge".

M. Sarkozy a surtout salué le fait que le groupe américain crée des emplois en France, ajoutant: "ce qui ne me faisait pas plaisir, c'était d'avoir quatre personnes de Google en France" auparavant.

Il s'est également félicité que la multinationale "fabrique des produits pour le monde entier", depuis Paris.

Le "Googleplex" va en effet rassembler 350 personnes et compte porter ses effectifs à 500 d'ici deux ans en embauchant notamment des ingénieurs - dont la nationalité n'est cependant pas précisée - qui rejoindront par exemple les équipes s'occupant de l'amélioration de la recherche de contenus vidéo sur YouTube, de rendre plus accessibles les données publiques, ou de travailler sur les marchés émergents.

"Ce nouveau bureau de Google est un engagement sur le long terme. C'est l'illustration de notre volonté de contribuer activement au développement économique, social et culturel en France, et plus largement en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique", a indiqué Carlo d'Asaro Biondo, président des opérations sur cette zone.

L'institut culturel, qui a, lui, une vocation mondiale, rassemble une équipe d'ingénieurs qui créent les outils et les services nécessaires à la préservation et à la diffusion de la culture en ligne, à destination des musées et des institutions culturelles.

"Nous proposons par exemple des visites virtuelles de musées en faisant des captures en haute définition d'oeuvres phare", explique le directeur de l'institut culturel, Steve Crossan, tout en montrant sur un écran les détails insoupçonnés d'un portrait de Marie-Antoinette par Élisabeth Vigée-Le Brun, exposé au Château de Versailles.

L'institut prend en charge les frais que représentent cette numérisation car "Google a une logique d'investissement à long terme, c'est bon pour l'internet", poursuit-t-il.