Le géant allemand Metro révise ses prévisions, Noël s'annonce mal en raison de la crise en zone euro

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Le géant allemand de la distribution Metro a révisé mardi à la baisse ses prévisions de résultats pour l'année, incriminant un début de saison de Noël faible sur fond de crise en zone euro.
Le géant allemand de la distribution Metro a révisé mardi à la baisse ses prévisions de résultats pour l'année, incriminant un début de saison de Noël faible sur fond de crise en zone euro. — Patrik Stollarz afp.com

Le géant allemand de la distribution Metro a révisé mardi à la baisse ses prévisions de résultats pour l'année, incriminant un début de saison de Noël faible sur fond de crise en zone euro.

Chiffre d'affaires et bénéfice d'exploitation vont s'afficher en baisse par rapport à 2010 (où ils avaient atteint 67,3 milliards et 2,4 milliards d'euros respectivement). Le mois dernier, le groupe tablait encore, quoique du bout des lèvres, sur une hausse de ce dernier de 10%.

L'action Metro a immédiatement accusé le coup, et perdait 10,02% à 33,28 euros à 13h11 GMT, bonne dernière de l'indice Dax à la Bourse de Francfort.

«Au départ, nous avons supposé que du fait de la faiblesse de la base de comparaison, les ventes de Noël allaient grimper», a commenté dans un communiqué le patron du groupe, Eckhard Cordes, en référence à une piètre saison 2010. Mais «le début de la saison de Noël est très en-deçà des chiffres de l'an dernier», a-t-il déploré.

Le quatrième trimestre est de loin le plus important pour le commerce de détail. Et si le marché allemand résiste plutôt bien pour le moment, Metro souffre dans d'autres marchés européens où «les consommateurs sont très déstabilisés par la crise de la dette qui s'aggrave, le chômage élevé et des programmes d'austérité».

Metro est présent dans quasiment tous les pays européens, notamment en Grèce, en Italie et en Espagne, en forte récession pour la première et forcées de se serrer la ceinture pour les deux autres. Le groupe est également très implanté en Europe centrale et de l'est, où certains marchés, la Roumanie par exemple, sont très difficiles.

Metro s'est aussi rapidement développé en Asie, notamment en Chine, mais là aussi "cela faiblit un peu", selon une source proche du groupe.

La retenue des consommateurs est perceptible «dans tous les formats et au-delà des frontières», a précisé Metro, propriétaire des hypermarchés de gros Metro Cash&Carry, des chaînes d'électronique Media Market et Saturn, des supermarchés Real et des grands magasins Kaufhof.

Metro est l'un des plus grands acteurs du secteur aux côtés de l'américain Wal-Mart, du britannique Tesco et du français Carrefour. Ce dernier a lui aussi émis en octobre un avertissement sur résultat, son troisième cette année.

La conjoncture difficile n'arrange pas les affaires du groupe allemand, déjà en plein chamboulement. Son patron a jeté l'éponge, et va être remplacé par l'actuel directeur financier au début 2012; sa division Media Saturn est en perte de vitesse, et fait l'objet d'une bataille juridique avec ses actionnaires minoritaires; il n'a pas pris de décision sur l'avenir de Real, et si la vente de Kaufhof paraît bien engagée, elle n'est pas encore bouclée.

L'investisseur autrichien René Benko a fait une offre contraignante sur Kaufhof, a précisé mardi un porte-parole de Metro.