L'OCDE s'alarme des inégalités

DELPHINE BANCAUD

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En 2008, les 10 % de Français les plus riches gagnaient sept fois plus que les 10 % les  plus  pauvres.
En 2008, les 10 % de Français les plus riches gagnaient sept fois plus que les 10 % les plus pauvres. — MAISONNEUVE/SIPA

«Avec la crise, il y a urgence à s'atteler aux inégalités », a martelé hier Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE, qui présentait une étude sur les écarts de revenus dans les pays membres de l'organisation. La France n'est pas épargnée par ce phénomène, même si les inégalités de revenus au sein de la population active sont restées stables entre les années 1980 et 2000, alors qu'elles ont connu une augmentation constante dans les autres pays de l'OCDE. Et ce, grâce à un système de redistribution plutôt efficace dans l'Hexagone, selon l'organisation internationale : les prestations sociales et les impôts permettraient de réduire les inégalités de 30 % en France, contre 25 % dans la moyenne des pays de l'OCDE.

Un défi pour l'avenir
Pas de quoi crier cocorico pour autant. Car les inégalités ont tout de même augmenté au cours de la dernière décennie dans l'Hexagone. Ainsi, en 2008, les 10 % des Français les plus riches gagnaient environ 61 000 € par an, soit sept fois plus que les 10 % les plus pauvres, qui affichaient des revenus de 8 700 €. Selon l'OCDE, « la croissance des prestations sociales n'a pas suivi le rythme de croissance des salaires réels moyens ». La progression des du temps partiel et des emplois peu rémunérés ont aussi favorisé le creusement d'inégalités ces dernières années. D'où la nécessité d'agir sur les politiques sociales à venir. Pour éviter la progression des facteurs d'inéquité, l'organisation internationale recommande donc de réduire les exonérations fiscales bénéficiant aux individus les plus aisés et de continuer à lutter contre les paradis fiscaux. « La meilleure manière de réduire les inégalités est aussi d'investir dans le capital humain en développant la formation tout au long de la vie », explique Angel Gurria. Car en étant plus qualifiés, les Français seront mieux armés sur un marché du travail mondialisé et de plus en plus concurrentiel. Avec de meilleures perspectives de carrière, ils auront plus de chances d'« échapper à la pauvreté », souligne l'OCDE.