S&P menace de retirer leur «AAA» à six pays de la zone euro, dont la France

NOTATION L'Allemagne, l'Autriche, la Finlande, le Luxembourg et les Pays-Bas sont également sous le coup d'un déclassement dans les 90 jours. Tous sont désormais placés sous surveillance avec implication négative...

N. Bu. avec Reuters

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Photo du 55 Water Street à New York, siège de Standard & Poor's, le 9 octobre 2011, aux Etats-Unis.
Photo du 55 Water Street à New York, siège de Standard & Poor's, le 9 octobre 2011, aux Etats-Unis. — AP Photo/Henny Ray Abrams

L'agence de notation Standard & Poor's a prévenu lundi soir la France, l'Allemagne et les quatre autres pays de la zone euro notés «AAA» qu'ils pourraient être déclassés dans les prochains 90 jours en raison de l'aggravation de la crise de la dette, confirmant une information du Financial Times. S&P a placé ce lundi ces six pays - qui comprennent également l'Autriche, la Finlande, le Luxembourg et les Pays-Bas - sous surveillance avec implication négative.

Des responsables européens ont par ailleurs annoncé que Standard & Poor's allait placer les 17 pays de la zone euro sous surveillance négative, confirmant les informations du journal économique britannique.

Une mise sous surveillance avec implication négative signifie que S&P est en train de revoir les notes attribuées aux pays concernés et qu'elle pourrait décider de les baisser dans les trois mois à venir. Selon le Financial Times, S&P a dit aux six pays concernés qu'elle terminerait sa revue des notes «le plus vite possible», après une semaine jugée cruciale pour l'Europe qui se terminera par un sommet européen jeudi et vendredi.

«Absence de progrès des dirigeants européens»

La mise sous surveillance de S&P intervient le jour où Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont annoncé un accord franco-allemand «complet» sur le renforcement de la gouvernance de zone euro, passant par la rédaction d'un nouveau traité dès le mois de mars.

«Nous pensons que l'absence de progrès des dirigeants européens pour contrôler l'étendue de la crise financière pourrait être le reflet de faiblesses structurelles dans le processus de prise de décision au sein de la zone euro et de l'Union européenne», a dit S&P aux six pays concernés.

«Volonté de prendre les décisions nécessaires», pour Paris et Berlin

Dans un communiqué commun, Paris et Berlin ont déclaré, dans la foulée de l'annonce de S&P, qu'elles prendraient toutes les décisions nécessaires pour assurer la stabilité de la zone euro, après le placement sous surveillance négative des notes des membres de la zone euro par l'agence de notation.

«La France et l'Allemagne prennent note de la perspective de réexamen par Standard & Poor's de la notation de plusieurs Etats membres de la zone euro», lit-on dans le communiqué commun diffusé par la présidence de la République française. «La France et l'Allemagne réaffirment que les propositions formulées aujourd'hui conjointement permettront de renforcer la gouvernance de la zone euro afin de rétablir la stabilité, la compétitivité et la croissance», poursuit le texte.

«La France et l'Allemagne, pleinement solidaires, confirment leur volonté de prendre toutes les décisions nécessaires, en lien avec leurs partenaires et les institutions européennes pour assurer la stabilité de la zone euro», conclut le texte.