Elargissement: L'UE va signer avec la Croatie et hésite sur la Serbie

Europe La Serbie n'a pas encore validé son billet pour l'Union européen...

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Empêtrée dans la crise de la dette et les réticences de son opinion publique face à sa politique d'élargissement, l'Union européenne, qui s'apprête à signer cette semaine le traité d'adhésion de la Croatie, hésitait lundi à octroyer le statut de candidat à la Serbie
Empêtrée dans la crise de la dette et les réticences de son opinion publique face à sa politique d'élargissement, l'Union européenne, qui s'apprête à signer cette semaine le traité d'adhésion de la Croatie, hésitait lundi à octroyer le statut de candidat à la Serbie — Hrvoje Polan afp.com

Empêtrée dans la crise de la dette et les réticences de son opinion publique face à sa politique d'élargissement, l'Union européenne, qui s'apprête à signer cette semaine le traité d'adhésion de la Croatie, hésitait lundi à octroyer le statut de candidat à la Serbie.

Réunis lundi à Bruxelles, les ministres des Affaires européennes de l'UE devaient entériner la décision de signer vendredi prochain le traité d'adhésion de la Croatie, qui devrait, une fois ratifié, lui permettre de devenir en juillet 2013 le 28e Etat membre du bloc. Le Parlement européen avait déjà donné son feu vert jeudi dernier. La signature devrait se faire vendredi à Bruxelles en présence des dirigeants croates, juste avant l'ouverture du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement européens auquel la Croatie participera en tant qu'observateur.

Mais l'unanimité semblait en revanche difficile à réunir sur l'octroi du statut de candidat à la Serbie. Certains pays s'inquiètent notamment des tensions autour des postes frontaliers dans le Nord du Kosovo, où vit une population serbe opposée au contrôle de l'administration kosovare.

Après des semaines d'âpres négociations sous les auspices de l'UE à Bruxelles, Belgrade et Pristina ont certes fini par se mettre d'accord en fin de semaine dernière sur une «gestion intégrée» de ces points de passage.  Mais l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Autriche et les Pays-Bas veulent être sûrs que l'accord ne restera pas lettre morte et veulent des «preuves de la normalisation des relations» de la Serbie avec son ancienne province méridionale, souligne un diplomate européen.

La France en faveur de la Serbie

«Nous avons besoin de tirer au clair ce sur quoi le Kosovo et la Serbie se sont mis d'accord ces derniers jours», a déclaré le secrétaire d'Etat allemand aux Affaires étrangères, Werner Hoyer, à son arrivée à la réunion.

Les affrontements de la semaine dernière à la frontière entre le Kosovo et la Serbie, au cours desquels des soldats allemands et autrichiens de la Kfor avaient été blessés, ne sont «pas acceptables. Cela va devoir jouer un rôle dans les discussions d'aujourd'hui», a martelé Hoyer.

A l'inverse, la France ou l'Espagne sont favorables à l'octroi du statut de candidat à la Serbie. Si les ministres européens ne parviennent pas à se mettre d'accord lundi, la question pourrait être tranchée en dernier ressort par les dirigeants européens à leur sommet vendredi à Bruxelles, a indiqué un diplomate européen.

Les ministres auront également à trancher la question de l'ouverture des négociations d'adhésion avec le Monténégro, à propos de laquelle Hoyer a dit s'attendre à «plus ou moins un consensus».

«Nous avons l'intention d'entamer les négociations qui s'ouvriront probablement au milieu de l'année prochaine, en commençant par les dossiers en rapport avec la justice et les affaires intérieures, la corruption, le crime organisé», a-t-il précisé.

Le Monténégro, qui a obtenu l'an dernier le statut de candidat, est prêt à amorcer les négociations compte tenu notamment de son «bilan satisfaisant» en matière de réformes, selon la Commission européenne. Entamées en même temps que celles avec Zagreb en 2005, les négociations d'adhésion sont en revanche au point mort avec la Turquie. Paris et Berlin notamment sont opposés à une adhésion pleine et entière de ce pays à l'UE.