Le couple franco-allemand surmontera-t-il ses différences pour sauver l'Europe?

CRISE Nicolas Sarkozy reçoit Angela Merkel à l'Elysée en début d'après-midi afin de préparer au mieux le rendez-vous européen de fin de semaine avec un objectif, trouver un terrain d'entente sur les modifications des traités...

Bertrand de Volontat

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"La France et l'Allemagne ont décidé de convoquer Georges Papandréou pour qu'on s'explique avant le G20", a expliqué à l'AFP une source gouvernementale française. "Il fallait réagir immédiatement."
"La France et l'Allemagne ont décidé de convoquer Georges Papandréou pour qu'on s'explique avant le G20", a expliqué à l'AFP une source gouvernementale française. "Il fallait réagir immédiatement." — Jesco Denzel afp.com

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A première vue, cette rencontre semble être une énième répétition de sommet pour le couple le plus célèbre de la zone euro, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Le but est de préparer les propositions institutionnelles sur la gouvernance de l'euro. Le réel objectif est d’afficher enfin une vraie convergence franco-allemande avant le sommet européen des 8 et 9 décembre prochain à Bruxelles durant lequel ces propositions seront soumises.

Si les deux pays se sont mis d’accord sur l’obligation d’une plus grande discipline budgétaire, ils divergent toujours sur une plus grande implication de la BCE, soutenue par Paris, ou sur la création d'euro-obligations, deux solutions auxquelles Berlin s'oppose. Ainsi, la discorde sur la manière de faire appliquer ces sanctions subsiste. Du passé dès ce soir?

Discipline pour Merkel, solidarité pour Sarkozy mais survie pour tous

En l’état actuel des choses, l’Allemagne semble avoir le mauvais rôle. La France attend un geste de la part d’Angela Merkel. Cette dernière pourrait revenir ce lundi sur sa fermeté, qui commence à être critiquée, notamment en Allemagne.

Les points de la discorde sont encore légion, l’idée d’une fédéralisation globale faisant son chemin du côté français contre une fédéralisation plus limitée mais des pouvoirs renforcés pour les institutions européennes du côté allemand. Outre-Rhin, on est pour l’instant opposé aux euro-bonds, jugés pas suffisamment stables et durables. L’Allemagne veut voir de vrais efforts de rigueur de la part des pays. Le rôle de la BCE, bien qu’indépendante, reste un sujet sensible pour la zone euro.

L’Allemagne ne souhaite pas que la BCE sorte de sa mission de stabilisation monétaire pour devenir la prêteuse des Etats. La règle d’or quant à elle fait l’unanimité mais la France ne souhaite pas l’union budgétaire imaginée par l’Allemagne et reste sur l’idée d’une discussion commune des budgets. Enfin, l’Allemagne voudrait pouvoir porter plainte devant la Cour de justice européenne contre les mauvais élèves. La France parle d’une Europe des gouvernements et d’intergouvernemental.

Les raisons de croire à une coopération sont aussi nombreuses. L’Allemagne n’a pas intérêt à s’isoler au sein de la zone euro en tenant une position trop stricte. Il s’agit en outre de la dernière rencontre avant le sommet à 27. L’échec d’une convergence mettrait en péril les décisions du sommet européen de cette semaine et plongerait la zone euro dans un profond flou. Enfin, il ne faudra pas décevoir les marchés boursiers (+12% pour le CAC 40 en une semaine) qui attendent de grandes décisions cette semaine.

Il y aura quoiqu’il arrive beaucoup d’attente sur cette rencontre. Il faudra ensuite se mettre d’accord avec les 27 pays de l’Union européenne  pour valider la modification des traités (la Grande-Bretagne et les Pays-Bas y sont notamment opposés).