Mario Monti reçoit le satisfecit des marchés pour son plan anti-crise

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Le chef du gouvernement Mario Monti, qui a demandé aux Italiens de lourds sacrifices pour sauver le pays, a reçu lundi le satisfecit des marchés pour son plan anti-crise qu'il doit présenter dans la journée au Parlement alors que s'ouvre une semaine cruciale pour la zone euro.
Le chef du gouvernement Mario Monti, qui a demandé aux Italiens de lourds sacrifices pour sauver le pays, a reçu lundi le satisfecit des marchés pour son plan anti-crise qu'il doit présenter dans la journée au Parlement alors que s'ouvre une semaine cruciale pour la zone euro. — Andreas Solaro afp.com

Le chef du gouvernement Mario Monti, qui a demandé aux Italiens de lourds sacrifices pour sauver le pays, a reçu lundi le satisfecit des marchés pour son plan anti-crise qu'il doit présenter dans la journée au Parlement alors que s'ouvre une semaine cruciale pour la zone euro.

La Bourse de Milan prenait plus de 2% en fin de matinée, les investisseurs saluant l'adoption de ce plan composé de mesures de rigueur d'environ 20 milliards d'euros et de mesures de relance de 10 milliards.

Sur le marché obligataire, les taux italiens à dix ans, qui s'étaient envolés ces derniers temps à plus de 7%, un niveau insoutenable sur la durée pour l'Italie qui croule sous une dette colossale représentant 120% de son PIB, se détendaient fortement et évoluaient autour de 6,3%.

M. Monti doit présenter son plan à la Chambre des députés à 16h00 et au Sénat à 18h00 après avoir répondu aux questions de la presse étrangère à partir de 12h00.

Trois semaines après son arrivée au pouvoir, l'ex-commissaire européen a donné un brusque coup d'accélérateur en adoptant dimanche au lieu de lundi ce plan, qu'il a baptisé "décret pour sauver l'Italie", afin que la péninsule cesse d'être "considérée comme un foyer" de crise en Europe.

"Ensemble nous y arriverons", a-t-il assuré aux Italiens sur un ton solennel et dramatique avant d'annoncer qu'il était de son "devoir" de renoncer à son salaire face à la lourdeur des mesures imposées au pays.

Dossier le plus brûlant, le gouvernement s'est attaqué frontalement aux retraites avec une réforme prévoyant une augmentation du nombre d'années de cotisation, une accélération du relèvement prévu de l'âge de départ des femmes ainsi qu'un gel en 2012 et 2013 de l'indexation sur l'inflation des retraites de plus de 960 euros.

Une demande de "sacrifices" qui a fait fondre en larmes la ministre des Affaires sociales, Elsa Fornero, une image reprise en boucle par les médias.

Les mesures de rigueur, qui doivent permettre au pays de parvenir à l'équilibre budgétaire en 2013 prévoient en outre des coupes dans les dépenses publiques, une augmentation de la fiscalité sur l'immobilier, une nouvelle taxe sur les biens de luxe (voitures, yachts, avions privés) ou une hausse de la TVA de deux points à 23% si nécessaire à partir de septembre 2012.

En vue de relancer l'économie qui devrait entrer en récession, le gouvernement a par ailleurs décidé de réduire les charges sociales pour les entreprises embauchant, en particulier des jeunes et des femmes, et a pris des mesures pour garantir les prêts aux PME et le refinancement des banques ou pour stimuler la recherche.

La réforme du marché du travail interviendra dans un deuxième temps.

Saluant les mesures du gouvernement, tout en soulignant que plus d'efforts doivent être faits sur le plan de la réduction des dépenses, Giuliano Noci, professeur à l'Université Politecnico de Milan, espère désormais que la classe politique ne se lancera pas dans "un jeu d'obstruction".

Hormis le parti populiste de la Ligue du Nord, les principales formations politiques se sont ralliées à cette cure. Parfois cependant avec un "oui mais" comme le Parti Démocrate (gauche) dont le leader Pier Luigi Bersani a souligné que ce plan ne répondait "pas à tous ses critères d'équité".

M. Monti n'a pas exclu d'avoir recours à la question de confiance pour faire approuver son plan au parlement avant Noël.

Les syndicats sont, eux, immédiatement montés au front, la secrétaire générale de la Cgil (gauche) Susanna Camusso dénonçant des mesures "socialement insupportables" et "un coup très dur pour les retraités".

Pour la presse italienne, il s'agit d'un mal nécessaire. "C'est un plan lourd pour le contribuable mais cependant indispensable pour éviter le défaut de notre pays qui signerait la fin de l'euro", a commenté La Repubblica (gauche).